Réunis à Lomé les 16 et 17 janvier 2026, sous l’égide de l’Union africaine (UA), les principaux acteurs africains et internationaux impliqués dans la résolution de la crise sécuritaire à l’Est de la République démocratique du Congo ont tenu une Réunion de haut niveau consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix. Cette rencontre, conduite par le Médiateur de l’UA, le Président togolais Faure Essozimna Gnassingbé, marque une volonté affirmée de redonner une direction claire et unifiée aux efforts diplomatiques en faveur de la paix en RDC.

Une crise persistante malgré une intense activité diplomatique

Malgré la signature de plusieurs accords et déclarations politiques ces dernières années, l’Est de la RDC demeure confronté à une instabilité chronique, caractérisée par la poursuite des affrontements armés, la présence persistante de groupes rebelles, notamment l’AFC/M23, et une situation humanitaire alarmante. Les participants à la réunion ont reconnu que la multiplication des initiatives non coordonnées a souvent affaibli l’impact des processus de paix engagés.

L’Union africaine affirme la centralité de sa médiation

L’un des messages forts issus de Lomé est l’affirmation de la centralité de la médiation conduite par la République togolaise sous mandat de l’Union africaine. Cette option stratégique vise à placer l’UA au cœur du pilotage politique du processus, tout en assurant une meilleure articulation avec les initiatives régionales et internationales, notamment celles de l’EAC, de la SADC, des États-Unis et de l’État du Qatar.

Les décisions clés de la Réunion de haut niveau

La Réunion de Lomé a débouché sur plusieurs décisions structurantes destinées à renforcer l’efficacité de la médiation :

  • l’alignement de toutes les parties prenantes sur le principe de la centralité de la médiation menée par le Togo ;
  • l’harmonisation de la compréhension et de l’appropriation du processus de médiation unifié au niveau africain ;
  • l’adhésion des acteurs à l’architecture révisée de la médiation afin d’éviter toute dispersion des efforts ;
  • l’adoption d’un document-cadre de médiation fondé sur une analyse approfondie des dynamiques actuelles du conflit ;
  • l’adoption du plan de travail du Panel des facilitateurs comme instrument opérationnel guidant l’action coordonnée de la médiation.

Ces décisions traduisent la volonté de l’UA de rompre avec les initiatives parallèles et de privilégier une approche cohérente, inclusive et structurée.

Doha reste l’axe central des négociations

La Réunion de Lomé a réaffirmé de manière explicite son soutien au processus de Doha, considéré comme le cadre central des négociations entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Les parties ont été appelées à reprendre sans délai les discussions afin de finaliser les six protocoles encore en suspens. Pour les médiateurs, l’aboutissement de ces négociations constitue une condition essentielle à une désescalade durable sur le terrain et à la restauration progressive de la confiance entre les protagonistes.

Consolidation du processus de paix dans l’Est de la RDC : des priorités réaffirmées

Au regard des évolutions récentes sur le terrain, la Réunion de haut niveau a identifié plusieurs axes prioritaires pour consolider le processus de paix dans l’Est de la RDC :

  • la mise en œuvre, de bonne foi, des engagements déjà souscrits par les parties ;
  • la priorité accordée aux moyens pacifiques dans la gestion et la résolution du conflit ;
  • le renforcement d’un suivi africain structuré et rigoureux de la mise en œuvre des accords signés ;
  • l’adaptation des mécanismes de désescalade aux réalités sécuritaires et humanitaires actuelles ;
  • la nécessité de garantir une meilleure protection des populations civiles, premières victimes du conflit.

Un test de crédibilité pour la paix en RDC

À Lomé, l’Union africaine a affiché sa détermination à jouer un rôle central et moteur dans la résolution de la crise congolaise. Toutefois, le succès de cette nouvelle dynamique dépendra largement de la volonté politique des parties concernées et de leur capacité à traduire les engagements diplomatiques en actions concrètes sur le terrain.

En se positionnant comme garante de la cohérence du processus de paix, l’UA tente ainsi de redonner espoir à un peuple congolais éprouvé par des décennies de violences, dans l’attente de résultats tangibles et durables.

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