Le sénateur Salomon SK Della Idi est sorti de son silence avec un message lourd de sens, adressé au général Christian Ndaywel. Dans une déclaration relayée via son compte X au ton grave et introspectif, l’élu évoque ce qu’il présente comme l’incarcération à la prison militaire de Ndolo de celui qui fut ancien chef des renseignements militaires des FARDC (DEMIAP) avant d’être nommé chef d’état-major général des forces terrestres, un événement qu’il considère comme un symbole fort de retournement de situation.
Pour Salomon SK Della Idi, cette affaire dépasse le simple destin d’un homme. Elle réveille des blessures personnelles encore ouvertes. Il rappelle avoir lui-même été, par le passé, victime de ce qu’il qualifie d’enlèvement illégal à l’aéroport international de Ndjili, suivi d’une détention qu’il estime fondée sur des accusations mensongères, à une période où Christian Ndaywel dirigeait les services de renseignements militaires.
« J’en porte encore les stigmates », confie-t-il, évoquant un lourd suivi médical imposé par les séquelles physiques et psychologiques de cette épreuve.
Mais au-delà de sa propre personne, le sénateur met en lumière un drame familial profond. Il raconte avec émotion la perquisition subie par sa mère, alors âgée de plus de 80 ans. Selon lui, cette opération brutale n’a épargné aucun symbole de son intimité spirituelle : même les cassettes du Coran et de prédication qu’elle écoutait quotidiennement auraient été saisies. Un choc dont elle ne se serait jamais remise. Quelques mois plus tard, la famille pleurait sa disparition, tandis que ces biens personnels resteraient, jusqu’à ce jour, confisqués.
Dans son propos, Salomon SK Della Idi affirme que la présence de Christian Ndaywel à Ndolo serait liée à des faits graves qui lui seraient reprochés, notamment des arrestations et détentions qu’il qualifie d’illégales, ainsi qu’un usage abusif du renseignement militaire, en contradiction avec les principes de l’État de droit.
Dans sa réflexion, le sénateur insiste sur une question de fond : la conception même de la sécurité de l’État. Il estime qu’un pays ne peut se protéger durablement en confondant rumeurs et renseignements, ni en assimilant des citoyens ordinaires à des ennemis de la République. Pour lui, l’efficacité des services de renseignement repose avant tout sur leur professionnalisme, leur légalisme et le respect strict des droits humains.
Le sénateur conclut en exprimant l’espoir que cette situation, comme tant d’autres avant elle, serve de leçon collective. Il appelle à la construction, en République démocratique du Congo, d’un système de renseignement véritablement républicain, capable de défendre les intérêts de l’État sans piétiner les libertés et la dignité des citoyens.
