Un drame de plus s’est produit sur le fleuve Congo dans la nuit du 5 au 6 janvier, près de Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Équateur. Une embarcation artisanale communément appelée « Zoulou » a sombré après être entrée en collision avec deux baleinières en provenance de Bolembe. Le bilan provisoire fait état du décès d’un enfant âgé d’un an et huit mois, de plusieurs personnes portées disparues, ainsi que de soixante-treize survivants.

L’ONG de défense des droits humains Voix des sans voix (VSV), qui a rendu public ce drame, dénonce une situation devenue presque banale sur les voies navigables du pays. Selon elle, ce nouvel accident s’inscrit dans une longue série de naufrages causés notamment par la surcharge des embarcations, le non-respect des normes de sécurité et la navigation nocturne, pourtant formellement interdite par les autorités.

Pour la VSV, il est incompréhensible que les décisions prises par le gouvernement pour encadrer la navigation fluviale restent largement inappliquées. L’organisation estime urgent que des enquêtes sérieuses soient ouvertes afin d’identifier et de poursuivre en justice les responsables de ces tragédies à répétition. Elle exhorte également l’État à faire respecter strictement la réglementation existante et à renforcer le contrôle sur les cours d’eau, notamment par un appui conséquent à la force navale en équipements et en moyens logistiques.

Ce nouvel accident intervient quelques semaines après un autre naufrage meurtrier sur le fleuve Congo, survenu en décembre dernier dans la même province de l’Équateur, qui avait coûté la vie à une vingtaine de personnes. À la suite de ce drame, le gouvernement avait annoncé le transfèrement à Kinshasa de dix suspects, parmi lesquels figuraient deux policiers accusés d’avoir perçu des pots-de-vin pour autoriser le départ d’une embarcation en violation des règles en vigueur.

Un communiqué conjoint des ministères des Transports et de la Défense nationale avait alors précisé que les personnes interpellées comprenaient quatre marins, quatre civils et deux policiers, dont un officier supérieur, tous soupçonnés d’actes de corruption liés à l’autorisation de navigation, en violation des mesures édictées le 4 octobre 2024.

Selon des informations rapportées par Actu26.com, la baleinière HB Mbeya Mbeya, impliquée dans cette affaire, transportait près de 800 passagers ainsi qu’une importante cargaison de marchandises. Le naufrage s’était produit à Ekunde, un marché nocturne de la commune de Wangata, peu après le départ du port de Lomata à destination du territoire de Monkoto, dans la province de la Tshuapa.

Face à la répétition de ces catastrophes, la question de l’application effective des règles de navigation fluviale en République démocratique du Congo reste plus que jamais posée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *