Ce que l’on reproche à Nicolas Maduro s’applique, point par point, à Félix Tshisekedi. La seule différence réside dans le traitement international dont ils bénéficient. À ce rythme, il ne manquerait plus à Donald Trump s’il voulait faire preuve d’un minimum de cohérence politique que d’ordonner l’enlèvement de Tshisekedi à Kinshasa. Car leurs trajectoires vers le pouvoir et leurs pratiques de gouvernement sont non seulement comparables, mais quasi identiques.
Maduro n’a pas conquis le pouvoir par les urnes : il l’a hérité de Hugo Chávez. Tshisekedi n’a pas gagné son fauteuil présidentiel : il l’a reçu de Joseph Kabila, au terme d’un arrangement politique grossier, maquillé en alternance démocratique. Dans les deux cas, le peuple a été spectateur, jamais acteur.
Maduro a falsifié les résultats électoraux pour se maintenir au pouvoir. Tshisekedi a fait de même, avec un cynisme encore plus assumé. Et comme si cela ne suffisait pas, il s’emploie désormais à tripatouiller la Constitution afin de s’offrir un nouveau mandat sur mesure, piétinant sans scrupule les règles qu’il prétend défendre.
La répression, elle aussi, est au rendez-vous. Opposants enlevés, journalistes bâillonnés, activistes traqués : le pouvoir de Tshisekedi s’exerce par la peur, exactement comme celui de Maduro. Quand l’argument politique s’épuise, la matraque et la prison prennent le relais.
Alors posons la question qui dérange : pourquoi Maduro est-il cloué au pilori pendant que Tshisekedi bénéficie d’une indulgence coupable ? Pourquoi l’Occident ferme-t-il les yeux sur les dérives autoritaires de Kinshasa tout en dénonçant celles de Caracas ?
Cette hypocrisie n’est pas seulement morale, elle est politique. Elle envoie un message clair : la démocratie n’est défendue que lorsqu’elle sert des intérêts stratégiques. Ailleurs, le trucage électoral, la confiscation du pouvoir et la répression deviennent soudainement tolérables.
À force de détourner le regard, la communauté internationale se rend complice. Et l’histoire, elle, n’oublie jamais.

