À l’occasion de la commémoration du 04 janvier, date emblématique de la lutte anticoloniale en République démocratique du Congo, l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23) a rendu publique une déclaration politique dans laquelle elle établit un parallèle entre les événements de 1959 et son combat actuel contre le pouvoir en place à Kinshasa.
Dans ce message, le mouvement rappelle que le 04 janvier 1959 fut le jour où « des Congolaises et des Congolais se sont levés contre l’ordre colonial, non par goût de la violence, mais par exigence de dignité, de justice et de souveraineté ». Selon l’AFC/M23, les martyrs de l’indépendance ont sacrifié leur vie afin de garantir au peuple congolais le droit d’être « maître de son destin », une promesse que le mouvement estime aujourd’hui trahie.
Soixante-sept ans plus tard, l’AFC/M23 dresse un réquisitoire sévère contre les autorités actuelles. Dans sa déclaration, le mouvement affirme que « cette promesse est gravement trahie par le régime de Kinshasa », qu’il accuse de « confisquer le pouvoir, de gouverner sans consultation populaire et de brader les ressources nationales au profit d’intérêts étrangers et d’une minorité privilégiée ». Selon l’AFC/M23, le pouvoir en place reproduirait, « sous des visages congolais », les mêmes logiques que celles combattues par les martyrs : exclusion du peuple, mépris de la souveraineté et violence institutionnelle.
C’est dans ce contexte que le mouvement dit inscrire sa lutte actuelle. L’AFC/M23 estime que son combat « revêt une dimension historique particulière » et s’inscrit « dans la continuité de la résistance congolaise ». Rejetant les accusations portées contre lui, le mouvement soutient que sa démarche constitue « un refus clair de l’injustice et de l’humiliation », ainsi qu’une volonté de « rendre au peuple sa voix et sa dignité ».
Dans sa communication, l’AFC/M23 se présente comme une réponse à ce qu’il qualifie d’« incapacité chronique du régime de Kinshasa à protéger les citoyens, à garantir la sécurité et à instaurer une gouvernance responsable ». Il met en avant des valeurs telles que « la discipline, l’organisation, le sens du sacrifice et la responsabilité collective », qu’il considère comme un héritage des martyrs de l’indépendance, affirmant vouloir « servir le peuple plutôt que se servir du pouvoir ».
Le mouvement conteste également la légitimité des commémorations officielles du 04 janvier, estimant que « la Journée des Martyrs de l’Indépendance ne peut être confisquée par un régime qui trahit quotidiennement leur lutte ». Selon l’AFC/M23, honorer les martyrs ne devrait pas se limiter à des cérémonies symboliques, mais impliquer « la poursuite d’un combat pour une souveraineté réelle, une justice effective et une refondation profonde de l’État ».
En conclusion, l’AFC/M23 affirme qu’en ce 04 janvier 2026, « la mémoire des martyrs de 1959 impose un choix entre la complaisance et l’engagement ». Le mouvement soutient que, face à un pouvoir qu’il juge « à bout de légitimité », sa lutte est perçue par « de nombreux Congolais » comme « la continuité d’une longue marche pour la dignité, la liberté et une souveraineté véritable ».
Cette lecture de l’histoire et de la situation politique actuelle est toutefois vivement rejetée par le gouvernement congolais ainsi que par plusieurs acteurs nationaux et internationaux, qui continuent de considérer l’AFC/M23 comme une rébellion armée responsable de graves violations des droits humains. La commémoration du 04 janvier 2026 met ainsi en lumière une profonde bataille de récits autour de l’héritage des martyrs de l’indépendance et de l’avenir politique de la République démocratique du Congo.
