Trente-cinq ans après sa dernière participation, la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement rejoint, le 2 janvier 2026, le Conseil de sécurité des Nations Unies en tant que membre non permanent pour la période 2026–2027. La cérémonie de levée du drapeau congolais au siège de l’ONU, à New York, a marqué le retour de Kinshasa au sein de l’organe onusien chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Prenant parole au nom de la RDC, la vice-ministre des Affaires étrangères, Noëlla Ayeganagato, a souligné la portée politique et diplomatique de ce mandat, qualifié de responsabilité majeure dans un contexte international marqué par la persistance des conflits armés et la fragilisation du multilatéralisme.

Une responsabilité diplomatique assumée

La cheffe adjointe de la diplomatie congolaise a insisté sur la volonté de la RDC d’être une voix constructive et engagée au sein du Conseil de sécurité. Kinshasa entend ainsi défendre une approche fondée sur la coopération multilatérale, le respect du droit international et la recherche de solutions collectives face aux crises sécuritaires mondiales.

Cette posture vise également à renforcer la place de l’Afrique dans les instances décisionnelles internationales, alors que le continent demeure au cœur de nombreuses problématiques traitées par le Conseil, notamment en matière de maintien de la paix.

Deux axes prioritaires : paix et prévention des conflits

Selon la ministre adjointe des affaires étrangères, Ayeganagato, le mandat congolais reposera sur deux piliers centraux notamment la promotion de la paix et de la sécurité internationales, d’une et la prévention ainsi que la résolution des conflits. Des priorités qui résonnent avec l’expérience propre de la RDC, confrontée depuis plusieurs décennies à des défis sécuritaires complexes, en particulier dans l’est du pays.

En siégeant au Conseil de sécurité, la RDC disposera d’un levier diplomatique lui permettant de contribuer aux discussions sur les opérations de maintien de la paix, les mécanismes de prévention des crises et les initiatives de médiation, sans pour autant disposer du droit de veto réservé aux membres permanents.

Des attentes élevées, mais une marge de manœuvre limitée

Si l’entrée de la RDC au Conseil de sécurité suscite des attentes, tant sur le plan national que continental, sa capacité d’influence demeure encadrée par les rapports de force qui structurent l’organe onusien. Privée du droit de veto, Kinshasa devra composer avec les intérêts parfois divergents des membres permanents, tout en cherchant à faire entendre ses priorités sécuritaires et celles de l’Afrique.

Le défi consistera à transformer ce siège en outil d’influence diplomatique, au-delà du symbole, en s’appuyant sur la négociation, la construction d’alliances et une présence active dans les discussions informelles, où se joue souvent l’essentiel des décisions. La crédibilité de la RDC au Conseil sera également scrutée à l’aune de sa capacité à porter des positions cohérentes, y compris sur les crises qui touchent directement son territoire et sa sous-région.

Un retour symbolique et stratégique

Au-delà du symbole, ce retour au Conseil de sécurité constitue une opportunité stratégique pour Kinshasa de renforcer sa visibilité diplomatique et d’affirmer ses priorités sur la scène internationale. Il s’inscrit également dans une dynamique de repositionnement de la RDC comme acteur régional incontournable en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs.

Reste désormais à traduire cette présence au sein du Conseil en influence réelle, dans un environnement diplomatique souvent dominé par les grandes puissances, mais où les membres non permanents conservent une capacité non négligeable à peser dans les équilibres et les compromis.

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