À Goma, dans la province du Nord-Kivu, les communautés chrétiennes se mobilisent pour les traditionnelles veillées de prière du 31 décembre, un moment majeur dans plusieurs églises dites de réveil, charismatiques ou issues de la Communauté des Assemblées de Dieu. Considérées comme des « nuits de traversée », ces célébrations marquent symboliquement le passage d’une année à une autre dans la prière, la louange et l’espérance.
Dans ces traditions ecclésiastiques, la nuit du 31 décembre est consacrée à la reconnaissance envers Dieu pour l’année écoulée, ainsi qu’à des prières de bénédiction et de proclamation pour la nouvelle année. Les fidèles y expriment leur gratitude à travers la prière, l’adoration, les chants, et parfois des gestes d’offrandes, perçus comme des actes de foi et d’espérance.
Une mobilisation particulière en 2025, année jugée éprouvante
À Goma, plusieurs communautés ont annoncé la tenue de leurs veillées, communément appelées « réveillons », afin de clore l’année dans un esprit de foi et de renouvellement spirituel.
Pour certaines églises, comme la 34ᵉ CADAF Bethel, il s’agit d’une première, motivée par les nombreuses difficultés traversées en 2025.
« Ceux qui vivent dans le désespoir doivent se confier à l’Éternel. Dieu seul restaure les cœurs. Nous invitons tout le monde à se préparer dans la prière et à croire que Dieu exaucera ses supplications », explique le Révérend Baraka Kaneno, responsable de la 34ᵉ CADAF Bethel.
À la 8ᵉ CEPAC, une tradition déjà bien ancrée
Dans d’autres communautés, la pratique est déjà institutionnalisée. À la 8ᵉ CEPAC, les fidèles sont engagés dans une série de prières et de jeûnes pour clôturer l’année dans la consécration.
« Notre église vit une période de prière et de jeûne pour bien terminer l’année et entrer dans 2026 sous la grâce de Dieu. C’est pourquoi nous nous préparons activement. Durant la nuit du 31 décembre au 1ᵉʳ janvier, nous allons louer, chanter, méditer la Parole et remercier le Seigneur pour sa fidélité », indique Banyene Bulere, berger de cette communauté.
Une année marquée par une crise profonde
Pour les responsables religieux, la conjoncture sociale, sécuritaire et économique que traverse la province constitue une motivation supplémentaire pour maintenir ces veillées de prière. Ils estiment que le pays a besoin d’être porté devant Dieu, et que les fidèles doivent se rassembler pour recommander leur sort et celui de la nation à l’Éternel.
Des célébrations autorisées par les autorités locales
Les autorités urbaines ont autorisé l’ensemble des activités liées à la clôture de l’année, permettant ainsi aux chrétiens de se réunir librement pour ces moments spirituels. Les fidèles sont invités à prendre part aux veillées afin de marquer la fin de l’année et accueillir 2026 dans un esprit de foi, d’unité et d’espérance.
