La suspension du porte-parole des FARDC, le général Sylvain Ekenge, continue de susciter plusieurs réactions, les dernières enregistrées sont celles de Moïse Katumbi président de l’Ensemble pour la République et du prix Nobel pour la paix, Denis Mukwege, qui convergent sur un point central, seule la mesure administrative prise par les autorités ne suffit pas, seule une justice indépendante peut mettre fin cette l’impunité qui alimente les dérives verbales dangereuses pour l’unité nationale.
Ensemble pour la République de Moise Katumbi : “Une suspension ne suffit pas”

Dans un communiqué publié ce lundi 29 décembre, Ensemble pour la République juge la suspension d’Ekenge nécessaire mais largement insuffisante au regard de la gravité des propos tenus, considérés comme susceptibles d’alimenter la stigmatisation, l’ethnicisme et la division au sein du pays.
Le parti dénonce une tendance récurrente : l’opinion publique est “trop souvent confrontée à des décisions provisoires sans réelle suite”. Pour Ensemble pour la République, seule une action judiciaire, menée “jusqu’à son terme, en toute indépendance”, peut établir les responsabilités pénales et disciplinaires.
Le Directoire avertit qu’« aucune institution ne peut prétendre défendre la Nation en tolérant des paroles qui fragilisent l’unité nationale ». Il appelle les autorités à incarner pleinement la neutralité républicaine et le respect de chaque citoyen, rappelant que la diversité congolaise demeure une force essentielle pour la Nation.
Pour Denis Mukwege : “L’impunité nourrit la répétition de discours haineux”

Réagissant également sur la cette suspension, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege condamne avec force les propos du général Ekenge, estimant que tout discours de haine, d’humiliation ou de discrimination, surtout lorsqu’il provient d’une autorité publique, doit être réprimé sans hésitation.
Mukwege situe la problématique à un niveau plus profond :
la persistance de tels propos, selon lui, s’explique par “l’impunité légendaire dont jouissent certains dignitaires de la région”, un phénomène qui favorise la répétition de paroles dangereuses et fragilise la cohésion nationale et régionale.
S’il reconnaît les injustices et humiliations subies par la population congolaise dans le contexte du conflit avec le Rwanda et ses supplétifs, le médecin insiste sur la nécessité d’éviter tout discours susceptible d’attiser la haine ethnique. Il affirme que l’amour et la solidarité entre les peuples des Grands Lacs doivent prévaloir sur les calculs politiques de dirigeants “assoiffés de sang et de pouvoir”.
Un même diagnostic : l’urgence de restaurer la responsabilité et la justice
Les deux réactions, bien que venant d’horizons différents, convergent sur une idée clé notamment celle de la lutte contre les discours de haine qui ne peut se limiter à des mesures symboliques. Elle exige des sanctions réelles, une justice indépendante et la fin de l’impunité.
Ensemble pour la République et Denis Mukwege appellent à cette occasion, chacun à sa manière, à protéger la cohésion nationale, à rassurer les citoyens et à rappeler aux responsables publics leur devoir d’exemplarité.

