La LISVDHE alerte sur la détention secrète et illégale de 18 personnes, dont plusieurs femmes, dans un cachot clandestin situé près du Palais de marbre à Kinshasa. L’organisation évoque de graves violations des droits humains, des conditions inhumaines et des arrestations jugées discriminatoires.

Détention clandestine de 18 personnes à Kinshasa

La Ligue des Sacrifices Volontaires pour la Défense des Droits de l’Homme et de l’Environnement (LISVDHE), dirigée par Anicet Katsuva, dénonce la détention « secrète et illégale » de 18 personnes dans un lieu de détention non officiel situé au croisement des avenues Nguma et Binza Pigeon, parcelle 18, au niveau du Palais de marbre, dans la capitale congolaise.

Selon l’organisation, ces personnes seraient détenues dans un cachot clandestin sans statut légal, en violation flagrante du droit à la liberté, du droit à la sûreté et du droit à un procès équitable, garantis par la Constitution de la RDC et les conventions internationales relatives aux droits humains.

Arrestations arbitraires : des victimes identifiées

Parmi les personnes détenues figurent notamment :

  • Katungu Kinogho Laeticia, née le 29 juillet 1997 à Rutshuru (Nord-Kivu), étudiante en G1 informatique de gestion, arrêtée à Kasindi le 14 avril 2024 ;
  • Kalwina Bakajika Denise, née le 14 septembre 1988 en Ituri, arrêtée le 1er mai 2024 à Kinshasa, dans les installations de l’hôtel Pullman.

Conditions de détention inhumaines et allégations de torture

La LISVDHE fait état de conditions de détention extrêmement préoccupantes :

absence de fenêtres et d’aération, environnement insalubre et actes de torture présumés.

« Les détenus respirent uniquement grâce à un ventilateur », affirme l’organisation.

Certaines victimes seraient privées de liberté depuis plus de 15 mois, sans être présentées devant un juge ni bénéficier d’une assistance juridique.

Discrimination présumée contre les populations de l’Est de la RDC

L’organisation estime que ces arrestations s’inscrivent dans une logique de discrimination systémique visant des personnes originaires de l’Est de la RDC, régulièrement stigmatisées en raison de leur origine géographique, de leurs noms ou de l’usage du kinyarwanda — des éléments qui ne constituent aucune infraction pénale.

La LISVDHE rappelle qu’en juillet 2025,

  • Ntamushobora Okelo Marc,
  • Akintije Sendegeya Rosine,
    tous deux originaires de Rutshuru, avaient été arrêtés dans des conditions similaires.

Les exigences urgentes de la LISVDHE

Face à ces violations présumées des droits humains, la LISVDHE exige :

  • la localisation officielle, immédiate et inconditionnelle de toutes les personnes détenues ;
  • leur présentation sans délai devant leur juge naturel ;
  • l’accès urgent aux soins médicaux, à des avocats, aux familles et aux organisations indépendantes de défense des droits humains.

Selon l’organisation, les détenus seraient sous la garde d’un capitaine des FARDC, qui aurait reconnu ne pas connaître les faits reprochés aux personnes placées sous sa responsabilité.

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