Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri restent piégées dans une spirale de violences dont les civils paient le prix le plus lourd. Entre janvier et novembre 2025, plus de 113 attaques attribuées à des présumés éléments des Forces démocratiques alliées (ADF) ont été enregistrées, faisant plus de 950 morts. Un bilan glaçant qui illustre la persistance d’une menace sécuritaire profondément enracinée.

Ces violences ne relèvent pas d’actes isolés. Elles s’inscrivent dans une stratégie de terreur systématique visant les populations civiles, notamment dans les territoires ruraux déjà fragilisés par des années de conflits armés. Villages attaqués de nuit, massacres à l’arme blanche ou par armes à feu, enlèvements et incendies d’habitations : le mode opératoire des ADF continue de semer la peur et de désorganiser durablement le tissu social local.

Malgré les opérations militaires conjointes menées par les Forces armées de la RDC (FARDC) et leurs alliés pour neutraliser les groupes armés et protéger les civils, l’insécurité demeure endémique. Les attaques se déplacent, se fragmentent, mais ne cessent pas. Cette instabilité chronique entrave non seulement la protection des populations, mais aussi l’accès humanitaire à certaines zones devenues quasi inaccessibles.

Les conséquences humanitaires sont dramatiques. Des infrastructures essentielles écoles, centres de santé, marchés ont été détruites ou abandonnées. Des dizaines de milliers de familles ont été contraintes de fuir leurs villages, s’ajoutant à une population déjà massivement déplacée. Aujourd’hui, au moins 1,1 million de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire urgente dans les zones affectées du Nord-Kivu et de l’Ituri.

L’effondrement des services sociaux de base aggrave encore la situation. L’accès aux soins est limité, l’insécurité alimentaire progresse et des enfants se retrouvent privés d’éducation pendant de longs mois. Les femmes et les enfants, particulièrement exposés, subissent de plein fouet les violences, les déplacements forcés et la précarité.

Dans ce contexte sécuritaire extrêmement difficile, les acteurs humanitaires tentent de maintenir une présence et de fournir une assistance vitale dès que les conditions le permettent. Distribution de vivres, prise en charge médicale d’urgence, soutien psychosocial et protection des déplacés figurent parmi les priorités. Mais les besoins dépassent largement les capacités actuelles de réponse.

Alors que la fin de l’année 2025 approche, la crise dans l’est de la RDC rappelle l’urgence d’une réponse globale, combinant efforts sécuritaires crédibles, protection effective des civils et soutien humanitaire renforcé. Sans cela, le Nord-Kivu et l’Ituri risquent de rester durablement enfermés dans un cycle de violence et de vulnérabilité dont il est de plus en plus difficile de s’extraire.

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