À l’occasion du sixième anniversaire de son parti, ENSEMBLE POUR LA RÉPUBLIQUE de Moïse Katumbi, son président a publié un communiqué depuis Londres, dressant un tableau sombre de la situation politique, sécuritaire et sociale en République démocratique du Congo.

Dans son communiqué, Moise Katumbi s’adresse aux Congolaises et Congolais avec une détermination affichée, après six ans d’existence, le parti principal acteur de l’opposition représenté dans les institutions nationales, estime que la RDC mérite mieux que « la guerre sans fin, la misère généralisée, la confiscation de la démocratie et le pillage de ses ressources ».

Il souligne que sa formation politique détient un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale et considère cette position comme un devoir historique : dire la vérité au peuple, défendre ses droits et tracer une voie vers la liberté, la paix et l’État de droit.

La guerre à l’Est : un drame humain permanent

Le communiqué insiste aussi sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays, notamment dans le Sud-Kivu, le Nord-Kivu et l’Ituri. Selon le parti de Moïse Katumbi, les populations locales continuent de vivre sous la menace constante des armes, avec des déplacements forcés massifs et des violences répétées. Le président du parti qualifie cette guerre prolongée de résultat direct de « choix politiques désastreux, de défaillances graves de l’État et du refus persistant de traiter les causes profondes des conflits ».

Tout en saluant les récentes initiatives diplomatiques notamment l’accords de Luanda, de Doha et de Washington, Ensemble pour la République estime que ces efforts ne suffisent pas à établir une paix durable. Le parti réaffirme que seul un dialogue inclusif et sincère avec toutes les parties prenantes congolaises, y compris l’AFC/M23 et la société civile, sous l’égide morale et spirituelle des confessions religieuses, peut résoudre la crise. Le communiqué critique l’exclusion ou la diabolisation du dialogue, affirmant que « l’on ne fait pas la paix avec ses amis, mais avec ceux avec qui l’on est en conflit ».

Une dérive autoritaire dénoncée

Le texte fustige également ce qu’il décrit comme une dérive autoritaire sans précédent du régime en place. Selon Ensemble pour la République, les violations des droits et libertés fondamentaux sont systématiques et massives :
• Arrestations arbitraires et détentions illégales d’opposants, journalistes et militants.
• Enlèvements et disparitions forcées de citoyens et acteurs politiques.
• Harcèlement systématique des familles et proches des opposants.
• Perquisitions nocturnes et saisies arbitraires de biens privés.
• Recours à la torture dans les lieux de détention officiels et clandestins.
• Instrumentalisation de la justice pour persécuter les voix discordantes.
• Reprise des condamnations à mort, suite à la levée du moratoire.

Pour l’Ensemble pour la Republique, ces pratiques constituent des crimes au regard du droit international et traduisent un régime qui cherche à se maintenir par la peur plutôt que par la légitimité.

Un État en faillite et une corruption endémique

Le communiqué décrit egalement un État incapable de remplir ses missions les plus élémentaires. Alors que la corruption atteint des niveaux « sans précédent », l’éducation, la santé, la sécurité, l’accès à l’eau potable et à l’électricité restent largement défaillants. Le président souligne que près de 85 % de la population vit dans la pauvreté extrême, que des enfants meurent de faim ou de maladies évitables, et que les infrastructures comme les routes et les écoles sont dévastées. Pendant ce temps, selon le parti, « une oligarchie prédatrice s’enrichit sans vergogne ».

Engagement et actions de Ensemble pour la République

Face à cette situation, le parti annonce la mise en place d’un Directoire national, chargé de coordonner l’action politique, bâtir des solutions consensuelles et préparer le pays à un futur démocratique et stable. Le communiqué précise que cette instance prendra contact avec toutes les parties, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, pour trouver des solutions à la crise actuelle.

Katumbi appelle également à une mobilisation nationale, impliquant les forces politiques, la société civile, la jeunesse, les femmes, les confessions religieuses et la diaspora. Il rappelle aux Congolais que « la liberté et la démocratie ne se mendient pas, elles se conquièrent par l’engagement, l’unité et le courage ».

Un message d’espoir pour le peuple congolais

Le communiqué se conclut sur une note d’espoir et de mobilisation : « Le changement est possible. Les régimes qui paraissaient éternels sont passés. Il en sera de même pour celui-ci. Ensemble pour la République restera aux côtés du peuple jusqu’à l’avènement d’un Congo libre, souverain, réconcilié et démocratique. »

En somme, ce sixième anniversaire est l’occasion pour le parti de réaffirmer son rôle de vigie de la démocratie et de la paix en RDC, et de rappeler à la population ainsi qu’à la communauté internationale que la seule voie pour sortir de l’impasse actuelle reste le dialogue inclusif et la mobilisation de toutes les forces vives de la nation.

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