De violents affrontements opposent, depuis jeudi 18 décembre, les combattants de l’AFC/M23 aux Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par les groupes d’autodéfense Wazalendo, dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. Les combats se déroulent principalement dans les hauts plateaux de Katasomwa, Kasasa, Lijiwe, Kayeye, Nyawaronga, Bushaku 2 et Bogamanda, provoquant de nouveaux déplacements massifs de populations civiles, selon des sources locales.

Des habitants rapportent que les échanges de tirs ont été particulièrement intenses ces derniers jours. Des drones ont été observés dans le ciel samedi et dimanche 21 décembre, sans qu’aucune frappe ne soit signalée. Les combats se sont poursuivis jusqu’à dimanche, avant qu’un calme précaire ne soit constaté aux environs de 14 heures.

Sur le plan militaire, la ligne de front reste instable. Bushaku 2 serait toujours contrôlé par les Wazalendo, tandis que Bushaku 1er serait passé sous occupation des combattants du M23, selon plusieurs témoignages concordants.

Une crise humanitaire qui s’aggrave

L’insécurité persistante a poussé des centaines de familles à fuir vers des zones jugées plus sûres, notamment Macumbi, Cizi, Nyakongola, Lemera, Tchofi, Nyabibwe, Kabamba et leurs environs. La situation humanitaire y est préoccupante : la plupart des déplacés ont quitté leurs villages dans l’urgence, sans vivres ni biens essentiels. Les conditions de vie demeurent précaires et l’accès à l’aide reste limité.

Les populations déplacées appellent les organisations humanitaires, ainsi que les acteurs de bonne volonté, à une assistance d’urgence en vivres et en articles non alimentaires.

Un conflit aux ramifications régionales

Ces nouveaux affrontements s’inscrivent dans un contexte régional marqué par la persistance des tensions dans l’est de la République démocratique du Congo. Depuis sa résurgence fin 2021, le mouvement M23 est au cœur d’une crise sécuritaire et diplomatique opposant Kinshasa à Kigali. Les autorités congolaises accusent régulièrement le Rwanda de soutenir le groupe rebelle, des accusations rejetées par Kigali mais étayées par plusieurs rapports d’experts des Nations unies.

Malgré les initiatives diplomatiques régionales, notamment dans le cadre des processus de Luanda et de Nairobi, et la présence de forces régionales et internationales, la situation sécuritaire demeure volatile dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. À Kalehe comme ailleurs, les populations civiles continuent de payer le prix fort d’un conflit aux causes profondes, mêlant rivalités politiques, enjeux sécuritaires et luttes pour le contrôle des territoires.

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