À quelques jours du Sommet Union européenne–Union africaine (UE-UA), prévu les 24 et 25 novembre à Luanda, le Conseil des Affaires étrangères (CAE) de l’Union européenne se réunit ce 20 novembre 2025 à Bruxelles. À cette occasion, des ONG, dont le Mouvement citoyen LUCHA et Amnesty International, tirent la sonnette d’alarme sur la situation dramatique dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Des militants ont manifesté, les mains symboliquement teintes de rouge sang, brandissant une banderole proclamant : « Votre inaction tue en RDC ». Ils dénoncent une « urgence absolue » et rappellent qu’en RDC, chaque jour d’inaction coûte des vies : massacres, viols collectifs, exécutions sommaires.
Trois exigences clés adressées à l’Union européenne
Les organisations adressent au Conseil de l’UE trois revendications majeures :
- Sanctions ciblées contre les criminels de guerre et leurs soutiens
LUCHA et Amnesty réclament des sanctions immédiates contre les auteurs de violences dans l’Est du Congo, notamment le groupe armé M23/AFC, ainsi que leurs soutiens internes et externes, en particulier le Rwanda. Elles appellent aussi à la mise en place d’un corridor humanitaire sécurisé et à un soutien accru aux ONG opérant sur le terrain.
- Pression sur le régime de Kinshasa
Les ONG estiment que le président Félix Tshisekedi entrave le dialogue national et bloque toute avancée vers une résolution durable de la crise. Elles demandent à l’UE de reconnaître publiquement cette responsabilité, de soutenir les initiatives de médiation portées par la CENCO et l’ECC, et d’exiger la libération des prisonniers politiques, la fin des répressions contre journalistes et militants, ainsi que le respect de la séparation des pouvoirs.
- Lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux en Europe
Selon LUCHA et Amnesty, des réseaux liés au pouvoir congolais utilisent l’Europe pour dissimuler les fruits de la corruption. Elles appellent l’UE à adopter des sanctions financières strictes afin d’empêcher que l’argent volé en RDC soit blanchi via les banques et entreprises européennes.
Un appel pressant avant le Sommet de Luanda
« L’Union européenne a le pouvoir de faire la différence. Elle a le devoir d’agir », insistent les ONG. Elles exhortent l’UE et l’Union africaine à condamner non seulement les auteurs des violences, mais aussi ceux qui entravent les processus de paix. Leur message est clair :
« Choisissez la justice. Choisissez la vie. Votre inaction tue au Congo. »
