À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars de chaque année, le Réseau Mwangaza pour une justice énergétique féministe a publié un communiqué appelant à un accès équitable à l’énergie pour les femmes et les filles en République démocratique du Congo. À travers cette prise de position, les organisations membres du réseau rappellent que l’accès à l’énergie constitue un droit fondamental et un levier essentiel pour l’autonomisation des femmes.
Dans ce communiqué rendu public mercredi 11 mars à Kinshasa, le réseau souligne que la question énergétique dépasse le simple cadre technique et s’inscrit dans les enjeux de justice sociale et climatique.
« Pas de droits sans lumière, pas de justice sans énergie », martèle le Réseau Mwangaza, estimant que l’énergie demeure indispensable à l’exercice effectif des droits humains.
Les organisations signataires rappellent également que le cadre juridique congolais reconnaît déjà ce droit. Elles évoquent notamment la Constitution de la République démocratique du Congo, qui garantit l’accès à l’électricité.
« La Constitution de la République démocratique du Congo, en son article 48, dispose que le droit à un logement décent, le droit d’accès à l’eau potable et à l’énergie électrique sont garantis », souligne Arlette Basua, de l’Observatoire d’études et d’appui à la responsabilité sociale et environnementale (OEARSE), dans ce communiqué.
Malgré ce cadre légal, le réseau déplore une réalité bien différente pour de nombreuses femmes congolaises, notamment dans les zones rurales. Ces dernières restent confrontées à une précarité énergétique marquée par la dépendance au bois de chauffe, les risques sanitaires liés à la fumée domestique et l’insécurité lors de la collecte du bois. Le déficit d’électricité limite également les opportunités économiques des femmes, en particulier dans l’entrepreneuriat, la transformation agroalimentaire ou encore l’accès aux technologies numériques.
Pour sa part, Mme Victorine Kilembe, membre du Centre congolais pour le développement durable (CODED), est revenue sur les propositions formulées par le réseau pour améliorer l’accès des femmes à l’énergie.
« Nous avons formulé un plaidoyer pour que les engagements pris par l’État congolais aux niveaux international et national soient respectés. Gouverner, c’est aussi veiller au bien-être de la population. Notre plaidoyer vise à garantir aux femmes un accès réel à l’énergie. Nous publions régulièrement nos analyses et assurons également le suivi afin de vérifier si les engagements de la RDC sont effectivement mis en œuvre », a-t-elle déclaré.
Face à ces défis, le Réseau Mwangaza appelle les autorités et les acteurs du secteur énergétique à passer de la parole à l’action. Parmi ses principales revendications figurent l’accès équitable à une énergie propre, stable et abordable pour tous les ménages, la promotion de solutions de cuisson durables pour protéger la santé des femmes et préserver les forêts, ainsi que la mise en place de formations techniques et de bourses pour encourager la participation des femmes dans le secteur des énergies renouvelables.
Le réseau plaide également pour une représentation accrue des femmes dans les instances décisionnelles du secteur énergétique et pour l’intégration systématique de l’approche genre dans les politiques publiques liées à l’énergie.
À travers cet appel, les organisations membres entendent faire de la transition énergétique un levier de réduction des inégalités et d’émancipation pour les femmes congolaises, afin que, selon leurs mots, aucune femme ne soit laissée dans l’obscurité dans le processus de développement énergétique du pays.
