La ville de Kindu a été le théâtre d’une manifestation ce mardi 10 mars 2026. Des élèves du complexe scolaire Mapon, des étudiants de l’université Mapon ainsi que des agents de l’hôpital Mapon sont descendus dans la rue pour protester contre le gel des comptes bancaires de leurs institutions, fondées par l’ancien Premier ministre Matata Ponyo Mapon.
Les manifestants affirment que leur action n’a pas de motivation politique. Ils disent plutôt vouloir défendre leurs droits face aux conséquences d’une décision financière qui, selon eux, menace le fonctionnement normal de leurs établissements.
Du côté des élèves et des étudiants, l’inquiétude porte sur la continuité des activités académiques. Ils redoutent que le gel des comptes n’affecte l’organisation des cours et la gestion quotidienne des institutions. Les agents de santé de l’hôpital Mapon, quant à eux, craignent des retards ou des interruptions dans le paiement de leurs salaires, ce qui pourrait fragiliser le fonctionnement de la structure sanitaire.
Cela fait suite à une décision rendue début mars 2026 par la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo ordonnant le gel de certains comptes et biens liés à l’ancien chef du gouvernement, dans le cadre du dossier judiciaire relatif au projet du Parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo.
Si cette décision judiciaire s’inscrit dans la logique de la lutte contre le détournement des deniers publics, ses effets semblent déjà se faire sentir sur le terrain. À Kindu, les premières réactions témoignent d’une inquiétude réelle parmi les bénéficiaires des institutions créées par l’ancien Premier ministre.
Cette situation soulève ainsi une interrogation sur les conséquences sociales des mesures judiciaires. En visant les biens ou les structures associées à une personnalité politique, ces décisions peuvent également affecter des citoyens qui n’ont aucun lien direct avec les faits reprochés. À Kindu, élèves, étudiants et agents de santé estiment aujourd’hui en payer le prix, appelant à une solution qui permette à la justice de poursuivre son travail tout en préservant la stabilité de ces institutions.
