À Beni, dans la province du Nord-Kivu, la prison centrale de Kangbayi fait face à une surpopulation carcérale préoccupante. Cet établissement pénitentiaire, conçu pour accueillir 250 détenus, héberge aujourd’hui plus de 2 000 personnes privées de liberté, soit près de huit fois sa capacité initiale.
Selon les données du Réseau pour les droits de l’homme (REDHO), seuls 344 détenus parmi cette population carcérale ont été condamnés par la justice. La majorité des prisonniers se trouvent encore en détention préventive, en attente de jugement.
Cette situation met en lumière les lenteurs du système judiciaire, qui contribuent à l’engorgement de la prison. Plusieurs détenus passent ainsi de longs mois, voire des années, derrière les barreaux sans que leurs dossiers ne soient examinés.
La surpopulation carcérale soulève également de vives inquiétudes quant aux conditions de détention à la prison de Kangbayi. Les organisations de défense des droits humains évoquent notamment des problèmes d’hygiène, de promiscuité et un accès limité aux soins pour les détenus.
Face à cette réalité, le REDHO appelle les autorités judiciaires et pénitentiaires à prendre des mesures urgentes pour désengorger la prison, notamment en accélérant le traitement des dossiers judiciaires et en veillant au respect des droits fondamentaux des personnes en détention.
