L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) intensifie sa réponse face à la crise humanitaire et sanitaire qui frappe la région d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo.

Du 4 au 7 mars 2026, une mission conjointe réunissant la RDC et le Burundi est conduite par la Dre Anne Ancia, représentante ad intérim de l’OMS en RDC, aux côtés du coordonnateur du Cluster Santé, le Dr Alou Badara Traoré.

Cette mission vise à évaluer l’ampleur de l’impact sanitaire de la crise, renforcer la coordination régionale et appuyer la restauration des services de santé essentiels dans une zone durement affectée par l’insécurité et les déplacements massifs de populations.

« Nous saluons la détermination du gouvernement et du ministère de la Santé à rétablir l’administration et les services sociaux essentiels à Uvira. Le retour progressif de la stabilité doit désormais se traduire par des améliorations tangibles pour les communautés », a déclaré la Dre Anne Ancia.

Elle a souligné que l’OMS et ses partenaires restent mobilisés pour garantir un accès sûr à des soins de qualité, assurer des accouchements dans des conditions dignes, prévenir les ruptures de médicaments vitaux, notamment contre le paludisme, et contenir les épidémies telles que le choléra, le mpox et la rougeole, dont la propagation est aggravée par la crise actuelle.

Depuis la fin de l’année 2025, la détérioration de la situation sécuritaire dans la région d’Uvira a provoqué d’importants mouvements de populations. Plus de 500 000 personnes ont été déplacées au Sud-Kivu, tandis que plus de 110 000 réfugiés congolais ont traversé la frontière pour trouver refuge au Burundi.

Dans ce contexte, les hôpitaux généraux de référence d’Uvira, de Fizi et de Baraka font face à un afflux croissant de blessés et de personnes vulnérables, avec des besoins urgents en chirurgie, transfusion sanguine, anesthésie et consommables médicaux.

La situation est d’autant plus préoccupante que quarante structures sanitaires ont été attaquées ou pillées. Ces incidents ont entraîné la perte d’équipements médicaux, la destruction de stocks de médicaments et la fuite temporaire de personnels soignants, perturbant gravement l’accès aux soins dans plusieurs aires de santé.

À Bujumbura, la délégation de l’OMS a également rencontré les autorités sanitaires burundaises, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ainsi que plusieurs partenaires humanitaires afin de renforcer la coordination dans la prise en charge des réfugiés congolais.

Le 5 mars, la délégation s’est rendue à Uvira pour échanger avec les autorités provinciales, notamment le vice-gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Myewa Elakano. Des visites ont également été effectuées dans plusieurs structures de santé touchées par la crise.

À cette occasion, l’OMS a remis des fournitures médicales destinées à soutenir la prise en charge des populations affectées par les violences.

Ce vendredi 6 mars, la délégation doit rejoindre le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, actuellement en visite au Burundi, afin d’évaluer la situation dans les sites accueillant des réfugiés congolais et de renforcer la coordination sanitaire entre les deux pays.

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