L’appel au dialogue national lancé par Martin Fayulu suscite déjà des réactions au sein de l’opposition congolaise. Dans un communiqué, Fayulu plaide pour un dialogue inclusif, capable de rassembler toutes les forces vives du pays, notamment majorité, opposition, société civile, jeunes, femmes, confessions religieuses, déplacés internes et diaspora, afin de restaurer la cohésion nationale, répondre aux crises sécuritaires dans l’Est et préparer des élections crédibles en 2028.
« L’inclusivité ne doit pas être un slogan, mais un principe fondateur pour sortir durablement la RDC de ses crises multiformes », insiste Fayulu. Il souligne que le dialogue doit organiser les divergences de manière constructive et orienter le pays vers l’intérêt supérieur de la nation.
Seth Kikuni fixe ses lignes rouges
La réponse ne s’est pas faite attendre. Sur son compte X, l’opposant Seth Kikuni a clairement indiqué que l’opposition n’irait pas au dialogue sans préalables crédibles et vérifiables. Selon lui, aucun dialogue ne peut être sérieux « dans un contexte marqué par la répression, l’injustice et la privation des droits fondamentaux ». Il insiste : le dialogue ne doit ni légitimer le statu quo, ni servir d’exercice de façade.
Les préalables exigés par Seth Kikuni
L’opposant énumère six conditions incontournables, notamment cessez-le-feu effectif dans un contexte d’insécurité persistante à l’Est, cessation de toute répression visant les voix dissidentes, libération des prisonniers politiques et d’opinion, levée des condamnations à caractère politique et rétablissement des droits civiques et politiques, restitution des passeports et garantie de la liberté de circulation des acteurs politiques et sociaux, annulation des procédures judiciaires à caractère politique, levée des mandats d’arrêt et réparation des préjudices subis.
« Que cela soit clair une fois pour toutes », insiste Seth Kikuni, rappelant que la participation de l’opposition dépendra du respect strict de ces conditions.
Un dialogue sous tension
Les positions des deux opposants mettent en lumière un débat stratégique : Martin Fayulu veut un dialogue large et inclusif pour restaurer la confiance et la cohésion nationale. Tandis que Seth Kikuni exige des garanties préalables pour que ce dialogue soit crédible et ne devienne pas un instrument de légitimation du pouvoir en place.
Un test de crédibilité démocratique
Alors que la RDC traverse des tensions sécuritaires, sociales et institutionnelles, la question n’est plus seulement celle de l’inclusivité du dialogue, mais de ses garanties démocratiques.
La réussite de ce dialogue dépendra de la capacité du pouvoir à créer un environnement politique assaini et à respecter les préalables fixés par l’opposition. L’issue de ce processus pourrait déterminer le climat politique congolais pour les années à venir.
