Ce mardi 24 février, la tension est montée d’un cran dans l’est du pays. Autour de la cité minière de Rubaya, dans le territoire de Masisi, les combats se sont intensifiés entre la coalition rebelle M23-RDF-AFC et les FARDC, appuyées par les combattants Wazalendo et les mercenaires.
Sur le terrain, chacun affirme prendre l’avantage.
Des sources sécuritaires indiquent que plusieurs rebelles ainsi que des armes auraient été capturés par l’armée congolaise. Dans les villages environnants, des habitants parlent d’une avancée progressive des Wazalendo vers Rubaya, un centre minier stratégique dont le contrôle pourrait peser lourd dans la suite du conflit.
Les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) disent avoir repris plusieurs localités ces derniers jours sur différents axes à Masisi, Walikale et Rutshuru. Ils évoquent des dizaines de combattants adverses neutralisés et du matériel récupéré. Des chiffres impossibles à vérifier de manière indépendante pour l’instant.
« Nous avons défendu nos positions pour protéger nos populations », affirme un leader Wazalendo, accusant la coalition rebelle d’avoir relancé les hostilités.
Mais de l’autre côté, le ton est tout aussi ferme.
L’Alliance Fleuve Congo/M23 accuse Kinshasa d’avoir violé le cessez-le-feu et d’avoir déclenché une « guerre totale ». Le mouvement affirme que, ce même 24 février à l’aube, des forces gouvernementales ont attaqué des zones habitées à Kitendebwa, Kashihe et Kiduveri, dans le territoire de Kalehe.
L’AFC/M23 parle d’attaques visant des civils et va jusqu’à évoquer des « crimes contre l’humanité ». Il lie cette escalade à la récente signature à Washington d’accords économiques sur les minerais stratégiques, estimant que le pouvoir central ne respecte plus ses engagements de paix.
Entre progression militaire, bataille de communication et enjeux miniers, Rubaya est devenue le symbole d’un conflit qui, une fois de plus, semble échapper aux promesses d’accalmie.
Pour rappel, le cessez-le-feu actuellement violé avait été proposé par l’Angola à Luanda le 15 janvier 2026, en prélude à un dialogue politique visant à apaiser la crise dans l’est du pays.
