Le Front Démocratique Africain (FDA) a durci le ton ce 21 février 2026, à travers une interview accordée à actu26.com. Le mouvement s’exprime sur plusieurs sujets d’actualité : l’agression de Martin Fayulu, le dialogue politique en préparation, la guerre dans l’Est de la RDC et la gestion des inondations à Kinshasa.

Agression de Martin Fayulu : une version contestée

Le FDA remet en cause la version officielle entourant l’agression de Martin Fayulu. Selon le mouvement, l’incident intervient dans un contexte politique particulier, marqué par une deuxième rencontre entre Félix Tshisekedi et Martin Fayulu à Washington, en marge du National Prayer Breakfast.

Pour Albert Mukulubundu, cadre du FDA, il ne s’agirait pas d’un simple fait divers, mais d’un épisode à forte portée politique, susceptible de repositionner certains acteurs en prélude au dialogue annoncé, notamment sous l’égide du président angolais João Lourenço.

Le mouvement estime que cette séquence pourrait également fragiliser l’opposition incarnée par Joseph Kabila et sa famille politique. Il appelle l’opinion publique à « ne pas se tromper » et à distinguer, selon ses termes, les opposants détenus à Ndolo et Makala, les exilés politiques et ce qu’il qualifie « d’agressions mises en scène en intelligence avec le régime ».

Le FDA affirme par ailleurs que certains cadres et communicateurs de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) défendent désormais Martin Fayulu dans les débats politiques, ce qu’il considère comme un fait politiquement significatif.

Dialogue politique : une participation sous conditions

Sur la question du dialogue, Albert Mukulubundu maintient la ligne défendue par la plateforme Sauvons la RDC, à laquelle appartient le FDA.

Le mouvement exclut toute participation à un processus qui, selon lui, viserait à consolider le pouvoir en place. Il conditionne son éventuelle implication à des garanties claires sur l’inclusivité, la transparence et les objectifs du dialogue.

Guerre dans l’Est : une dénonciation élargie

Concernant la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, le FDA refuse de limiter la responsabilité du conflit au seul Rwanda.

Le mouvement estime que Kigali bénéficie, depuis plusieurs décennies, de soutiens internationaux, notamment des États-Unis. Il évoque à ce sujet l’accord signé à Washington le 4 décembre 2025 entre les États-Unis, le Rwanda et la RDC, qu’il juge défavorable aux intérêts stratégiques congolais et favorable aux intérêts américains et rwandais.

Pour Albert Mukulubundu, condamner uniquement le Rwanda reviendrait à ignorer les responsabilités des grandes puissances impliquées dans la région.

Inondations à Kinshasa : le pouvoir interpellé

Au sujet des récentes inondations à Kinshasa, le FDA met en cause la gouvernance du régime en place. Le mouvement estime que, près de huit ans après l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, les autorités n’ont pas su apporter de solutions durables aux problèmes d’assainissement, notamment le curage des rivières et des caniveaux, ni améliorer la régulation du trafic urbain.

Le FDA considère que le gouverneur Daniel Bumba agit comme un exécutant et appelle les Congolais à se mobiliser pour, selon ses termes, « mettre fin à la dictature » et instaurer un régime qu’il qualifie de réellement souverain et démocratique.

À travers cette sortie médiatique, le FDA confirme son positionnement résolument critique vis-à-vis du pouvoir en place et affiche sa volonté de peser dans le débat politique national à l’approche d’un dialogue dont les contours restent encore flous.

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