Malgré les mesures strictes annoncées par la ministre provinciale des Transports du Haut-Katanga pour lutter contre la surcharge dans les taxis urbains, la pratique demeure largement répandue sur plusieurs lignes de Lubumbashi. Sur le terrain, Actu26.com a constaté, ce samedi 21 février 2026, que les instructions peinent à être appliquées, entre contraintes économiques des chauffeurs et faiblesse des mécanismes de contrôle.

Sur la ligne Karavia-Centre-ville, la surcharge reste une réalité quotidienne. Les véhicules continuent de transporter bien plus de passagers que prévu, exposant les usagers à des risques accrus d’accidents et à des conditions de transport inconfortables.

Dans un taxi de marque Gaïa, conçu pour six passagers, il n’est pas rare d’en compter neuf : deux à l’avant au lieu d’un, quatre au milieu au lieu de trois et trois à l’arrière au lieu de deux.

Les conducteurs justifient cette pratique par les contraintes économiques auxquelles ils font face. Sous couvert d’anonymat, l’un d’eux explique :

« Pour respecter la mesure du ministère, il faut que les tracasseries cessent et que les taxes qui n’ont rien à voir avec le transport ne soient plus exigées, sans oublier le prix du carburant. »

Chaque jour, les chauffeurs doivent s’acquitter de plusieurs charges, notamment :

1 500 FC pour la quittance municipale ;
2 000 FC pour la police routière ;
1 500 FC par course pour l’ACCO et la MUC, communément appelé « tshoptshop ».
À ces frais s’ajoutent les coûts d’entretien des véhicules et le carburant, dont le prix reste élevé malgré une récente baisse autour de 3 330 FC le litre.

Les structures de contrôle, notamment la MUC et l’ACCO, affirment intervenir aux points de départ. Cependant, une fois les taxis en circulation, les contrôles deviennent rares, voire inexistants. À certains arrêts stratégiques, comme au niveau du Château, à l’angle des avenues Moero et Likasi, la surcharge s’observe au vu et au su de tous, sans intervention visible des autorités compétentes.

Pourtant, dans un communiqué officiel référencé N°10.4/001./CAB/MIN.ECOCOMTRANSTOUR/HAUT-KAT/2026 du 4 février 2026, la ministre provinciale des Transports du Haut-Katanga, Lauriane Lusamba Kazadi, avait annoncé une série de mesures strictes. Celles-ci incluent le respect du nombre de passagers fixé par le constructeur, notamment pour les véhicules de type Hiace, l’interdiction de transporter des passagers dans le coffre, l’interdiction de transporter des animaux avec les voyageurs, ainsi que la confiscation immédiate du véhicule, la mise en fourrière et l’imposition d’amendes lourdes en cas d’infraction.

Une décision saluée sur le papier, mais qui, en l’absence d’un assainissement du secteur et d’un contrôle rigoureux et permanent, risque de rester lettre morte, comme le redoutent plusieurs conducteurs.

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