Les usagers de l’axe routier Beni–Luna–Komanda tirent la sonnette d’alarme face à la recrudescence des tracasseries aux différents points de contrôle, notamment à Mavivi, Oicha et Kasana, en direction de l’Ituri. Plusieurs chauffeurs d’agences de voyage affirment être régulièrement confrontés à des exigences financières qu’ils jugent injustifiées.
Selon Fiston Nkumu Mbonga, conducteur au sein de l’agence MEPROBA et habitué de cet axe stratégique reliant le Beni à Komanda, certains agents de l’ordre exigeraient des sommes d’argent aux chauffeurs et aux passagers, même lorsque tous les documents sont en règle.
« On nous arrête sans raison valable. Après vérification des pièces, on nous demande malgré tout de l’argent, surtout lorsque des passagers présentent des cartes d’électeur portant la mention Goma, Bukavu ou Petit Nord. Pourtant, cela ne constitue aucune infraction », déplore-t-il.
Membre du caucus des agences de voyage à Beni, il appelle les autorités provinciales à s’impliquer d’urgence afin de mettre fin à ces pratiques, qu’il estime préjudiciables au climat sécuritaire et économique de la région.
« Nous sollicitons l’intervention du gouverneur du Nord-Kivu pour prendre des mesures claires et garantir la sécurité des usagers. Si aucune solution n’est trouvée, nous envisageons d’organiser des journées sans activités », prévient-il, tout en rassurant les passagers qu’un dialogue sera recherché.
De son côté, la société civile, noyau territorial de Beni, a récemment dénoncé des faits similaires à la barrière de Mavivi, évoquant une multiplication des cas de tracasseries sur cet axe stratégique reliant le Nord-Kivu à l’Ituri.
Malgré plusieurs tentatives de contact, les services habilités aux différents points de contrôle n’ont pas encore réagi à ces accusations.
Face à cette situation, les acteurs du secteur du transport recommandent notamment de signaler tout cas de tracasserie aux autorités compétentes, d’exiger un reçu pour tout paiement effectué, de soutenir les initiatives de lutte contre la corruption et de décourager collectivement ces pratiques illégales.
