La Mobilisation pour la Sauvegarde de la Souveraineté et de l’Autonomie Congolaise (MOSSAC) monte au créneau et réclame purement et simplement l’annulation des Accords de Washington conclus entre la République démocratique du Congo, les États-Unis et le Rwanda. Dans une déclaration publiée le 17 février 2026, cette coalition regroupant 81 organisations de la société civile estime que ces engagements mettent en péril la souveraineté nationale et risquent d’institutionnaliser le pillage des ressources congolaises.
Pour la plateforme citoyenne, les accords, présentés comme un mécanisme de « paix contre les minerais », ne garantissent ni la sécurité des populations de l’Est ni un contrôle équitable des richesses naturelles. Elle juge que les clauses sécuritaires restent floues, tandis que les dispositions économiques ouvriraient la voie à une exploitation accélérée des minerais stratégiques dans un contexte d’instabilité persistante.
La MOSSAC affirme que la situation sécuritaire actuelle — marquée par des violences armées, des déplacements massifs de populations et de graves atteintes aux droits humains — rend inopportune toute mise en œuvre d’accords économiques régionaux d’envergure. Elle considère que la priorité devrait être la restauration effective de l’autorité de l’État et la protection des civils.
La coalition dénonce également un processus de négociation jugé opaque, estimant que ni les communautés locales ni les organisations citoyennes n’ont été consultées de manière suffisante. Selon elle, un accord engageant l’avenir des ressources naturelles du pays ne peut être conclu sans un débat national approfondi et transparent.
Sur le plan économique, la MOSSAC redoute que certains mécanismes de coopération régionale prévus dans les textes ne consacrent, sous couvert de partenariat, une perte de contrôle stratégique de la RDC sur ses minerais. Elle parle d’un « risque de légalisation du pillage » à travers des dispositifs qui pourraient favoriser des intérêts extérieurs au détriment des populations locales.
En conséquence, la plateforme appelle les autorités congolaises à suspendre immédiatement la mise en œuvre des Accords de Washington et à engager un processus d’annulation formelle. Elle exhorte également le Parlement à examiner en profondeur les engagements pris, au regard des principes constitutionnels relatifs à la souveraineté et à la gestion des ressources naturelles.
Enfin, la MOSSAC plaide pour l’ouverture d’un dialogue national inclusif sur la gouvernance minière et la sécurité dans l’Est, afin que toute décision stratégique reflète les aspirations et les intérêts du peuple congolais.
