En saluant le communiqué bipartite du Comité des relations étrangères du Sénat américain appelant à la mise en œuvre rapide des Accords de Washington, Moïse Katumbi ne se contente pas d’un simple message de gratitude diplomatique. Il inscrit la crise congolaise dans une dynamique internationale de plus en plus structurée.

Après les auditions de la Sous-commission Afrique de la Chambre des représentants, le signal envoyé par le Congrès américain marque une étape supplémentaire : Washington affiche désormais une position plus explicite en faveur d’un dialogue national crédible et inclusif en République démocratique du Congo.

Pour l’opposant congolais, cette posture conforte la résolution H.R. 559 du congressman Chris Smith, qui appelle à la cessation des hostilités et au respect strict de la limitation constitutionnelle des mandats présidentiels. Derrière la formule – « le respect de la Constitution n’est pas négociable » – se dessine un enjeu central : verrouiller tout débat sur une éventuelle révision constitutionnelle à l’approche de 2028.

Une crise aux ramifications régionales

La déclaration de Katumbi intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires à l’Est, où les équilibres régionaux impliquent le Rwanda, l’Angola et plusieurs acteurs internationaux. Les Accords de Washington, soutenus par les États-Unis, s’inscrivent dans une tentative plus large de stabilisation régionale, alors que Kinshasa et Kigali s’accusent mutuellement d’ingérence.

En saluant également l’Union africaine, l’Angola, le Qatar, le Togo et l’Union européenne, Katumbi cherche à élargir le cadre diplomatique et à renforcer la dimension multilatérale de la pression exercée sur les autorités congolaises.

2028 en toile de fond

Au-delà du soutien international, la séquence est politique. À deux ans de la prochaine échéance présidentielle, l’opposition entend faire de la question constitutionnelle et du dialogue inclusif un marqueur central du débat public.

En se positionnant comme défenseur de la limitation des mandats et d’un dialogue élargi, Katumbi tente de capter une double légitimité : interne, en mobilisant l’opinion congolaise autour de l’État de droit ; externe, en s’alignant sur les préoccupations affichées par Washington et plusieurs partenaires internationaux.

Reste à savoir si cette pression diplomatique se traduira par des avancées concrètes sur le terrain politique et sécuritaire. Pour l’heure, le message est clair : la bataille autour de 2028 commence dès maintenant, et elle se joue autant à Kinshasa qu’à Washington.

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