Le 18 février 2006, la République démocratique du Congo entrait officiellement dans sa « Troisième République » avec la promulgation d’une nouvelle Constitution par le président Joseph Kabila. Ce texte fondamental mettait fin à une longue transition politique et consacrait la souveraineté populaire à travers l’élection des dirigeants au suffrage universel direct.
Au-delà de l’architecture institutionnelle, la Constitution de 2006 a également redéfini les symboles nationaux. Le pays adoptait un nouveau drapeau bleu orné d’une étoile jaune, traversé d’une bande rouge, ainsi que de nouvelles armoiries dominées par la tête de léopard, devenue l’emblème du pouvoir en remplacement du lion.
Vingt ans plus tard, ce texte demeure, pour plusieurs observateurs, un socle institutionnel majeur. Me Jean-Claude Katende estime qu’il « a tenu et constitue encore l’édifice congolais », saluant la résistance des acteurs qui l’ont défendu face aux différentes pressions politiques.
Pour d’autres analystes, le véritable défi ne réside pas dans la Constitution elle-même, mais dans son application. Hyppolite Iyuku, du Comité des Droits de l’Homme pour le Développement, souligne que « le problème, ce sont les Congolais qui doivent l’appliquer ». Selon lui, les réformes devraient prioritairement viser la loi électorale plutôt que la question du mandat présidentiel, regrettant la domination d’intérêts individuels sur les préoccupations sociales.
À l’inverse, Ngal Manda Justin, de l’association Congo Solidarité, plaide pour une évolution du texte. Il rappelle que la Constitution a été adoptée dans un contexte de guerre et d’instabilité, et estime qu’elle pourrait être adaptée aujourd’hui, notamment sur la durée du mandat présidentiel, afin de faciliter la mise en œuvre de programmes de développement plus efficaces.
Deux décennies après son adoption, la Constitution de 2006 reste ainsi un symbole de résilience institutionnelle. Mais entre défense du statu quo et appels à la réforme, le débat sur son adaptation — en particulier autour de l’encadrement du mandat présidentiel — continue d’animer la scène politique congolaise.
