Cent quatre détenus incarcérés sans jugement depuis 2022 comparaissent, depuis le 16 février 2025, devant le Tribunal militaire de garnison de Bunia, à la faveur d’audiences foraines organisées à Aru, dans la province de l’Ituri.

Ces audiences, qui se poursuivront jusqu’au 25 février, visent à examiner des cas de détentions préventives prolongées et à réduire la surpopulation carcérale dans la prison d’Aru, initialement conçue pour 75 pensionnaires, mais qui en héberge actuellement 158, dont huit femmes.

Selon les autorités judiciaires locales, plusieurs prévenus sont détenus depuis près de trois ans sans avoir été présentés devant un juge. Cette situation s’explique notamment par l’éloignement géographique entre Aru et Bunia, chef-lieu provincial où siège habituellement le tribunal militaire, ainsi que par l’irrégularité des sessions judiciaires dans cette partie du territoire.

À l’ouverture des audiences, le président du Tribunal militaire de garnison de Bunia, le colonel magistrat José Ndamba, a reconnu que de nombreux dossiers étaient restés en suspens depuis 2022, faute de moyens logistiques et de sessions foraines régulières.

Ces audiences bénéficient de l’appui logistique de la MONUSCO, qui facilite notamment le déplacement des magistrats de Bunia à Aru, prend en charge leur hébergement ainsi que celui du personnel judiciaire, assure les moyens de transport pendant toute la durée des travaux et soutient l’assistance judiciaire locale en faveur des prévenus et des victimes.

En Ituri, la situation judiciaire demeure fortement impactée par l’insécurité persistante et l’accumulation des dossiers, dans un contexte d’état de siège qui confie une large part des affaires pénales aux juridictions militaires.

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