Plusieurs années après la signature des grands contrats miniers conclus sous la présidence de Joseph Kabila, le débat reste vif en République démocratique du Congo. Au cœur des controverses : l’accord sino-congolais, que certains estiment avoir davantage profité à Pékin qu’à Kinshasa.
Pour de nombreux observateurs, ces partenariats stratégiques, notamment dans le cadre de la coopération avec la Chine, auraient déséquilibré les rapports de force au détriment de la RDC. Les critiques évoquent un accès privilégié aux ressources minières congolaises en échange d’infrastructures jugées insuffisantes ou mal exécutées.
Spécialiste du droit à la souveraineté permanente sur les ressources naturelles, Isabelle Minnon nuance toutefois ces accusations. « La Chine a ses intérêts. Elle agit pour son développement. Le Congo aussi agit selon ses intérêts. C’est une négociation, pas de la naïveté », affirme-t-elle, rappelant que tout partenariat international repose sur des rapports d’intérêts réciproques.
Selon elle, faire porter à la seule Chine la responsabilité d’un éventuel déséquilibre serait réducteur. « Accuser uniquement la Chine de pillage est trop facile. L’Europe et les États-Unis n’ont pas fait mieux », soutient-elle, pointant du doigt l’historique complexe des relations économiques entre la RDC et les puissances occidentales.
Au-delà des polémiques, la question centrale demeure celle de la gouvernance, de la transparence et de la capacité de l’État congolais à défendre efficacement ses intérêts dans les négociations internationales. Le bilan du secteur minier sous Joseph Kabila continue ainsi d’alimenter un débat crucial sur la souveraineté économique et la valorisation durable des ressources naturelles du pays.
