La société civile de Watalinga tire la sonnette d’alarme face à la multiplication des services dits d’anti-fraude, tous focalisés sur le cacao, principale richesse agricole de cette chefferie située dans la province du Nord-Kivu. Elle redoute une recrudescence des tracasseries administratives et des pressions sur les producteurs locaux, déjà fragilisés par un contexte économique et sécuritaire difficile.
Selon cette structure citoyenne, un nouveau service dénommé Task Force serait sur le point d’être déployé dans l’entité pour appuyer ceux déjà existants, en application d’un arrêté du gouverneur provincial. Une décision jugée incompréhensible par les acteurs communautaires, qui estiment que la présence de multiples services ne fait qu’aggraver les difficultés sur le terrain.
« Nous ne comprenons pas l’opportunité d’ajouter un service supplémentaire alors que plusieurs autres sont déjà opérationnels », s’inquiète Mabele Musaidi, premier vice-président de la société civile de Watalinga. Pour lui, cette prolifération d’intervenants crée un climat de confusion et de méfiance au sein de la filière.
La structure citoyenne cite notamment la T2, la DCF, le détachement de l’auditorat militaire ainsi que l’ONAPAC, tous actifs dans le contrôle de la production et de la commercialisation du cacao. Une concentration d’acteurs qui, selon elle, ne favorise ni l’encadrement des producteurs ni une lutte efficace contre la fraude, mais ouvre plutôt la voie aux abus et aux pratiques illégales.
« À force de multiplier les contrôles sans coordination claire, ce sont les cultivateurs qui en paient le prix, à travers des taxes informelles, des intimidations et des blocages répétés », déplore un autre acteur communautaire. Une situation qui décourage les producteurs et menace directement la rentabilité de cette culture stratégique.
Face à cette réalité, la société civile de Watalinga appelle les autorités provinciales à clarifier les missions de chaque service et à éviter toute mesure susceptible d’asphyxier les acteurs de la filière cacao, pilier de l’économie locale. Elle plaide pour une approche concertée, fondée sur la transparence, la rationalisation des contrôles et un accompagnement réel des producteurs.
Pour les habitants de Watalinga, préserver la filière cacao ne passe pas par une multiplication des barrières administratives, mais par la mise en place d’un environnement sain, respectueux et favorable au développement local. Un cadre indispensable pour garantir la survie économique de milliers de ménages dépendant directement de cette culture.
