La ville de Lubumbashi a accueilli un atelier du 16 au 18 février 2026, consacré à la gouvernance des ressources forestières dans le Grand Katanga. Organisée par la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi de l’Action Publique, ( CORAP ), cette rencontre a réuni plusieurs acteurs de la société civile, experts environnementaux et représentants des communautés locales afin « d’alerter sur les effets préoccupants des activités minières sur la forêt de Miombo ».

Autrefois étendue sur près de 80 % du Sud-Est de l’espace katangais, la forêt de Miombo est aujourd’hui gravement menacée. Véritable pilier écologique, elle joue un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité, la séquestration du carbone et la régulation des cycles hydrologiques. Cependant, l’intensification de l’exploitation minière, combinée à la production de charbon de bois et à l’agriculture intensive, accélère sa dégradation et fragilise durablement cet écosystème.

Les participants à l’atelier ont également mis en avant les conséquences sanitaires de cette pression environnementale. Plusieurs études présentées font état de la présence inquiétante de métaux lourds dans certaines communautés vivant à proximité des sites miniers.

« Ces pollutions affectent directement la qualité des sols, de l’eau et de l’air, avec des répercussions graves sur la santé des populations, déjà confrontées à de fortes vulnérabilités sociales et économiques ».

Les échanges ont par ailleurs souligné la difficulté de faire cohabiter efficacement les cadres juridiques minier, foncier et environnemental. Bien que des textes réglementaires existent, notamment en matière d’études d’impact environnemental, leur application reste largement insuffisante. Certaines entreprises continuent d’opérer en marge des normes en vigueur, entraînant la contamination des eaux, l’érosion des terres agricoles et la destruction progressive des habitats naturels.

À travers cette initiative, la CORAP entend aller au-delà du simple constat. L’objectif est de renforcer la sensibilisation des parties prenantes et de promouvoir une gestion durable des ressources forestières. Les participants ont plaidé pour l’application effective du principe du « pollueur-payeur », le respect du droit fondamental à un environnement sain et le renforcement des mécanismes de contrôle et de redevabilité de l’État.

Dans un contexte où l’économie régionale dépend fortement du secteur minier, les conclusions de cet atelier rappellent l’urgence d’un meilleur équilibre entre exploitation des ressources naturelles et protection de l’environnement. Un enjeu crucial pour garantir la préservation de la forêt de Miombo et la survie des communautés qui en dépendent.

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