Réunie à Addis-Abeba pour sa 39ᵉ session ordinaire, l’Union africaine (UA) a placé la question des changements anticonstitutionnels de gouvernement au cœur de ses préoccupations. Dans un contexte continental marqué par des coups d’État, des transitions militaires prolongées et des tensions institutionnelles, les chefs d’État et de gouvernement ont réaffirmé leur ligne dure : tolérance zéro.

Une doctrine réaffirmée au sommet

Au terme de deux jours de délibérations au siège de l’UA, les dirigeants africains ont réitéré leur « engagement inébranlable » à défendre l’ordre constitutionnel dans tous les États membres. Cette position s’inscrit dans la continuité des textes fondateurs de l’organisation, notamment l’Acte constitutif et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

L’Assemblée a exprimé sa profonde préoccupation face à la persistance des conflits armés, du terrorisme, mais aussi des changements anticonstitutionnels de gouvernement qui fragilisent les institutions et compromettent la stabilité régionale.

Des conséquences politiques assumées

La politique de « tolérance zéro » implique des mesures concrètes. L’UA peut suspendre un État membre dirigé par un pouvoir issu d’un coup de force, restreindre sa participation aux instances décisionnelles et appuyer des mécanismes de transition conformes aux normes continentales.

Les chefs d’État ont également insisté sur la nécessité de prévenir ces ruptures institutionnelles par un renforcement de la gouvernance démocratique, de l’État de droit et de la crédibilité des processus électoraux.

Faire taire les armes, mais aussi protéger les constitutions

Dans son rapport sur la paix et la sécurité, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) a mis en avant l’interconnexion entre insécurité, crises politiques et ruptures constitutionnelles. Pour les dirigeants africains, faire taire les armes passe aussi par la consolidation d’institutions légitimes et respectées.

L’Assemblée a ainsi souligné l’importance d’un financement prévisible et durable des opérations africaines de soutien à la paix, tout en appelant à une coordination renforcée entre l’UA et les organisations régionales.

Un signal politique fort

En réaffirmant la tolérance zéro face aux changements anticonstitutionnels, l’Union africaine envoie un message clair : la stabilité du continent ne peut être construite en dehors du cadre légal et constitutionnel.

Au moment où plusieurs pays africains traversent des périodes de transition ou de tensions politiques, cette position constitue à la fois un rappel des principes et un avertissement : la légitimité du pouvoir reste indissociable du respect des règles démocratiques.

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