Le gouvernement congolais a annoncé, lors du dernier Conseil des ministres, son intention de renforcer l’encadrement de l’exploitation minière artisanale, à la suite de la recrudescence des décès de creuseurs dans la province du Lualaba. Cette décision intervient après l’effondrement récent d’un site minier à Kolwezi, qui a causé plusieurs pertes en vies humaines.

Contacté par la rédaction d’Actu26.com ce lundi 16 février 2026, Freddy Kasongo, analyste du secteur minier dans le Haut-Katanga et secrétaire exécutif de l’OEARSE, a critiqué la réaction des autorités, qu’il juge tardive et insuffisamment structurée face aux drames récurrents dans les sites artisanaux.

Une réaction jugée tardive

Selon lui, il est regrettable que l’intervention gouvernementale survienne systématiquement après les catastrophes, au lieu de s’inscrire dans une logique de prévention. Il estime que les services étatiques en charge du secteur minier, bien que déconcentrés aux niveaux provincial et local, n’assument pas pleinement leur mission d’encadrement des creuseurs artisanaux.

À ses yeux, ces services semblent davantage orientés vers la perception des taxes que vers l’accompagnement technique et sécuritaire des exploitants artisanaux.

« La priorité devrait être la protection des vies humaines », laisse-t-il entendre, appelant à une redéfinition des priorités sur le terrain.

Responsabilité des services publics et respect du cadre légal

Freddy Kasongo, a insisté sur la responsabilité des agents publics mandatés pour superviser le secteur. Il a à cette occasion plaidé pour une amélioration effective des conditions de travail des creuseurs, ainsi que pour l’application stricte des normes de sécurité.

Il rappelle que la République démocratique du Congo dispose d’un Code minier suffisamment structuré, mais que le véritable défi réside dans son application. « Les textes existent, mais leur mise en œuvre reste défaillante », souligne-t-il.

Parmi les pistes de solution avancées figurent l’identification et l’aménagement de zones d’exploitation artisanale, la formalisation des creuseurs et leur encadrement technique sous la supervision des services spécialisés de l’État, notamment la SAEMAPE, afin de garantir le respect de la législation nationale.

Des mesures gouvernementales attendues

De son côté, le ministre des Mines a été invité à renforcer les dispositifs de sécurité sur les sites artisanaux et à réexaminer les instructions émises en juin dernier. Le gouvernement a également exigé l’élaboration d’un rapport assorti de recommandations concrètes, ainsi que la mise en place d’un programme de suivi avec un calendrier précis pour prévenir de nouveaux accidents.

Ces annonces interviennent dans un contexte marqué par une série d’éboulements dans la province du Lualaba. Le plus récent drame s’est produit sur le site minier de Tilwizembe, où onze creuseurs ont perdu la vie dans un effondrement de terrain.

Face à la répétition des tragédies, la question de la prévention et de la responsabilité des acteurs publics demeure plus que jamais au cœur du débat.

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