Ce qui s’annonçait comme une solution administrative après la prise de Goma tourne progressivement à la controverse. Délocalisée à Beni, la coordination provinciale de l’environnement est aujourd’hui au centre de graves dénonciations : pressions sur les opérateurs économiques, marginalisation du bureau urbain et recrutements jugés irréguliers, malgré une interdiction formelle du ministère.

Des opérateurs économiques sous pression

Depuis l’arrivée des services provinciaux à Beni, des voix s’élèvent au sein de la population pour dénoncer des cas répétés de tracasseries lors du recouvrement des taxes environnementales.

Selon plusieurs témoignages recueillis sous anonymat, certains agents de l’environnement imposeraient des perceptions jugées excessives, parfois sans explications claires, ciblant principalement les opérateurs économiques locaux déjà fragilisés par le contexte sécuritaire.

« On ne comprend plus ce qu’on paye exactement. Chaque semaine, il y a un nouvel agent qui passe », confie un commerçant sous couvert d’anonymat.

La coordination urbaine marginalisée

Au-delà des plaintes liées aux taxes, un malaise interne s’installe également au sein du service de l’environnement à Beni.

Des agents de la coordination urbaine dénoncent une mise à l’écart progressive de leur bureau par la coordination provinciale, qui gérerait désormais toutes les activités, sans véritable collaboration locale.

« Depuis leur arrivée, ils font tout. Le bureau urbain n’est presque plus considéré », s’indigne un agent de l’environnement de Beni, également sous anonymat.

Une situation qui, selon plusieurs sources, crée confusion administrative et tensions au sein du service.

Des recrutements monnayés malgré une interdiction formelle

Autre accusation grave a été faite sur des probables recrutements jugés irréguliers. Des agents urbains affirment que la coordination provinciale procéderait à de nouveaux engagements, parfois contre paiement, alors que le ministère de tutelle avait pourtant interdit, depuis 2023, tout nouveau recrutement à travers une note circulaire officielle.

Ces recrutements ont comme conséquence directe : ces nouveaux agents engagés se retrouvent sans rémunération officielle, alimentant frustrations, précarité et soupçons de pratiques illégales au sein du service.

Les accusations rejetées par la coordination provinciale

Ces dénonciations ne sont pas nouvelles. Il y a quelques mois déjà, des plaintes similaires avaient été rapportées. À l’époque, la coordination provinciale de l’environnement avait catégoriquement rejeté toutes les accusations.

Elle avait affirmé respecter strictement l’ordre du ministère interdisant les nouveaux engagements, précisant n’avoir aucun pouvoir de recruter des agents. Elle avait également invité toute personne estimant manquer d’informations ou ayant des « confusions » à se rendre directement au bureau afin d’obtenir des éclaircissements sur la gestion du service.

Aujourd’hui, face à la répétition des plaintes, habitants et agents locaux espèrent davantage de transparence et, surtout, des mesures concrètes pour mettre fin aux abus présumés.

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