Le Burundi a officiellement accédé à la présidence tournante de l’Union africaine (UA), succédant à l’Angola, à l’issue du sommet des chefs d’État et de gouvernement.

Dans un contexte continental marqué par les transitions politiques au Sahel, la persistance des crises sécuritaires dans la région des Grands Lacs et les tensions économiques liées à l’endettement et à l’inflation, Bujumbura hérite d’un agenda particulièrement chargé. La présidence burundaise devra s’aligner sur les priorités stratégiques de l’organisation, notamment l’accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la poursuite de la réforme institutionnelle de l’UA et la gestion des multiples crises régionales.

Au-delà de l’enjeu institutionnel, cette désignation revêt une portée symbolique pour le Burundi. Longtemps en délicatesse avec une partie de la communauté internationale, le pays s’emploie depuis plusieurs années à normaliser ses relations diplomatiques et à consolider son ancrage régional, en particulier au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Cette présidence offre ainsi à Gitega une tribune stratégique pour renforcer son image et accroître son influence dans les arbitrages continentaux.

La question demeure toutefois de savoir si Bujumbura parviendra à imprimer sa marque à la tête d’une organisation souvent critiquée pour la lenteur de ses mécanismes décisionnels et le déficit d’application de ses résolutions. Les prochains mois permettront d’évaluer si ce mandat constitue un véritable tournant ou s’inscrit dans la continuité diplomatique impulsée par Luanda.

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