Dans un message relayé sur son compte X, le mouvement rebelle AFC/M23 accuse une coalition dirigée par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) d’avoir tué plus de 100 civils banyamulenge en moins de trois semaines dans les hauts plateaux de Minembwe, au Sud-Kivu.
Selon cette communication, les violences se seraient déroulées entre le 16 janvier et le 8 février, dans le cadre d’une offensive militaire d’envergure présentée comme « coordonnée » et « ciblée » contre la communauté banyamulenge.
Une coalition pointée du doigt
Toujours d’après l’AFC/M23, la coalition incriminée serait composée des FARDC, de l’armée burundaise (FDNB), de milices Wazalendo soutenues par Kinshasa, des FDLR qualifiées de groupe armé génocidaire, ainsi que de mercenaires étrangers venus d’Amérique latine et d’Algérie.
Le mouvement affirme que l’opération aurait combiné déploiement massif de troupes et usage d’armes lourdes et légères dans plusieurs localités des hauts plateaux.
Frappes de drones et pilonnages répétés
Le message évoque également des frappes de drones quasi quotidiennes à partir du 22 janvier. L’AFC/M23 fait état de plusieurs séries de bombardements, notamment six frappes le 29 janvier, cinq le 30 janvier, douze le 31 janvier, huit le 1er février, trois le 6 février et quatre autres entre le 7 et le 8 février.
Ces attaques auraient, selon le mouvement, touché des zones habitées et provoqué d’importants déplacements de populations civiles.
Uvira après le retrait de l’AFC/M23
L’AFC/M23 relie l’intensification des violences à son retrait de la ville d’Uvira le 16 janvier. La ville aurait ensuite été occupée par les forces de la coalition menée par les FARDC, avec un important dispositif militaire.
Dans les jours qui ont suivi, des cas présumés d’enlèvements, de tortures, de pillages et de destructions de biens auraient été signalés, poussant de nombreuses familles banyamulenge à fuir.
Appel à la communauté internationale
Dans son message, l’AFC/M23 dénonce le silence de la communauté internationale face à ce qu’il présente comme des violences ethniques ciblées impliquant des forces soutenues par l’État. Le mouvement critique l’absence de sanctions contre les responsables présumés et estime que cette inaction favorise un climat d’impunité.
Ces accusations n’ont pas, à ce stade, fait l’objet d’une réaction officielle des autorités congolaises.
