De graves accusations de détournement de denrées alimentaires agitent la province du Haut-Katanga. Plus de 350 camions chargés de sacs de farine, destinés à l’approvisionnement de la population, auraient été réorientés en dehors des circuits officiels de distribution. Les noms du gouverneur Jacques Kyabula et de la ministre provinciale de l’Économie, Lauriane Lusamba, sont cités dans ces allégations relayées par plusieurs sources locales, dans un contexte de forte pression sociale liée à la cherté de la vie.
D’après des informations évoquées dans certains milieux politiques et sociaux, ces cargaisons auraient été détournées de leur destination initiale, au détriment des bénéficiaires finaux. Si ces faits venaient à être confirmés, ils soulèveraient de sérieuses interrogations sur la gestion des denrées stratégiques destinées à l’intérêt général, dans une province confrontée à une situation économique particulièrement tendue.
À ce stade, aucune décision judiciaire n’a été rendue et les personnes citées n’ont fait l’objet d’aucune condamnation. Les faits demeurent donc au niveau d’allégations. Toutefois, l’ampleur avancée plus de 350 camions a suscité une vive réaction au sein de l’opinion publique, alors que de nombreuses familles peinent déjà à accéder aux produits de première nécessité.
Plusieurs organisations de la société civile estiment que, si les accusations s’avéraient fondées, il s’agirait d’un préjudice économique et social majeur pour la province. Des acteurs politiques ainsi que des leaders d’opinion appellent à l’ouverture d’une enquête indépendante et transparente, à la publication de la traçabilité des cargaisons concernées et, le cas échéant, à l’établissement des responsabilités conformément à la loi.
Dans un État de droit, rappellent-ils, la présomption d’innocence demeure un principe fondamental. Elle ne saurait toutefois faire obstacle à la manifestation de la vérité lorsque l’intérêt public est en jeu.
L’opinion nationale attend désormais une clarification officielle des autorités compétentes afin de lever les zones d’ombre et de restaurer la confiance dans la gestion des ressources destinées à la population.
Il sied de rappeler que c’est depuis 6 mois déjà que Jacques Kyabula est à Kinshasa sur invitation du ministre de l’intérieur pour une séance de travail.
