Alors que l’Est de la République démocratique du Congo reste en proie à une instabilité persistante, l’ONU tente de consolider les fragiles avancées diplomatiques à travers un mécanisme strict de contrôle du cessez-le-feu.

Reçu en audience ce mardi 10 février 2026 par le Président Félix Tshisekedi, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, a échangé sur l’opérationnalisation du mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu prévu dans l’accord de paix de Washington et le processus de Doha.

Au centre de leurs discussions figure le rôle de la MONUSCO, appelée à assurer la surveillance du respect des engagements pris par les parties, conformément aux résolutions 2773 (2025) et 2808 (2025) du Conseil de sécurité de l’ONU.

Un cessez-le-feu à l’épreuve du terrain

Cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où les combats et les déplacements de populations se poursuivent. Dans plusieurs zones, les rebelles de l’AFC/M23 continuent de défier les forces gouvernementales et d’étendre leur influence, malgré les processus de médiation en cours.

Les violations répétées du cessez-le-feu ont alimenté une crise humanitaire majeure, avec des milliers de familles contraintes de fuir leurs localités, notamment autour de Goma, Rutshuru, Masisi et dans certaines parties du Sud-Kivu.

La MONUSCO, acteur clé dans une phase critique

Pour les autorités congolaises et les Nations Unies, le respect du cessez-le-feu est désormais présenté comme une condition indispensable pour une paix durable et le retour effectif de l’État dans les zones affectées par les conflits.
En confiant à la MONUSCO un rôle central dans la vérification sur le terrain, l’ONU cherche à renforcer la crédibilité du processus de paix, au moment même où la mission onusienne fait face à un retrait progressif et à de fortes attentes de la population.

L’efficacité de ce mécanisme dépendra toutefois de la capacité réelle des acteurs armés, notamment l’AFC/M23, à se conformer aux engagements pris, dans un environnement encore marqué par la méfiance et les violences entre les deux parties.

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