Le sous-comité Afrique du Comité des Affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis d’Amérique a consacré, mardi 10 février 2026, une audition publique à l’état d’avancement des Accords de Washington conclus entre la RDC et le Rwanda. À la manœuvre : son président, le congressman républicain Chris Smith.
Au cœur des échanges, le « concept d’opérations » structuré en quatre phases, pierre angulaire de ces accords. Ce dispositif établit un calendrier synchronisé liant le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais à la neutralisation progressive des FDLR par les autorités de Kinshasa.
Pour Chris Smith, la présence des FDLR reste, du point de vue de Kigali, une menace sécuritaire majeure, compte tenu de l’idéologie génocidaire attribuée à ce groupe armé. Mais l’élu américain a également insisté sur la nécessité de mesures tangibles concernant la démobilisation des combattants sous contrôle du M23-AFC et de leurs soutiens, soulignant que la crédibilité du processus dépend d’avancées équilibrées de part et d’autre.
Reconnaissant que plusieurs engagements n’ont pas été pleinement honorés, le président du sous-comité a plaidé pour un mécanisme de suivi strict et transparent. Selon lui, seule une application rigoureuse des dispositions convenues permettra d’éviter l’enlisement, voire l’échec du processus diplomatique.
Au-delà de l’approche sécuritaire, l’audition a mis en lumière la dimension politique et sociale de la crise. Chris Smith a défendu l’idée d’un dialogue national inclusif en RDC, estimant qu’aucune solution durable ne saurait émerger sans l’adhésion des forces vives du pays.
Dans cette perspective, il a salué le rôle « indispensable » de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC). Ces institutions religieuses, a-t-il soutenu, devraient agir comme facilitateurs actifs, aux côtés de l’Union africaine, pour accompagner un dialogue élargi à la société civile, aux partis politiques et aux autres parties prenantes.
En filigrane, le message de Washington est clair : les Accords de Washington ne peuvent rester une architecture diplomatique sur papier. Leur réussite repose sur une mise en œuvre méthodique, équilibrée et inclusive, seule capable de transformer des engagements formels en stabilité durable dans la région des Grands Lacs.
