Face à plusieurs dénonciations lier à la surfacturation du passeport biométrique à Beni, dans la province du Nord-Kivu, le ministère des Affaires étrangères a dépêché une mission officielle pour faire la lumière sur des pratiques qualifiées d’escroquerie par la population.
Cette initiative intervient après plusieurs plaintes de citoyens et d’élus dénonçant des frais illégaux imposés lors de la procédure de capture.
Des tracasseries dénoncées par les usagers
Depuis plusieurs mois, de nombreux habitants affirment être contraints de payer des montants supplémentaires en dehors du tarif officiel pour obtenir ce document de voyage. Certains bénéficiaires, s’exprimant sous anonymat, expliquent avoir été sommés de verser entre 30 et 40 dollars américains pour accéder à la capture du passeport, en plus des 75 dollars exigés à la banque, conformément à la loi.
Quelques jours plus tard, cette somme parallèle serait passée de 70 à 50 dollars, toujours payable directement au centre de capture, selon plusieurs témoignages. Une situation qui a suscité l’indignation au sein de la population et parmi les responsables politiques.
Une mission pour établir les responsabilités
La délégation est conduite par le directeur juridique et contentieux du ministère des Affaires étrangères, Teddy Kamembo Milambo. Selon lui, l’objectif est d’écouter toutes les parties concernées afin de comprendre l’origine de ces irrégularités.
« Un certain nombre de citoyens et de députés ont dénoncé la hausse du prix du passeport. Madame la ministre a voulu en savoir davantage sur ce qui se passe réellement et sur les causes de cette situation », a-t-il déclaré.
Le chef de mission a condamné ces pratiques qu’il estime contraires à la volonté du gouvernement de soulager la population à travers la réduction du coût du passeport biométrique.
« L’objectif des autorités était de rendre ce document plus accessible. Si les faits sont avérés, la hiérarchie prendra des décisions fermes contre les responsables », a-t-il ajouté, tout en mettant en garde les auteurs de ces abus.
Un élu provincial appelle à des sanctions
Réagissant à l’arrivée de cette mission à Beni, le député provincial Kambale Lutsumbi Bienvenu, élu de Butembo, salue cette démarche qu’il juge nécessaire.
« Nous nous réjouissons de cette descente du ministère, mais nous attendons surtout des enquêtes indépendantes et des sanctions exemplaires contre les instigateurs de ces pratiques », a-t-il déclaré. L’élu rappelle que le prix légal du passeport biométrique est fixé à 75 dollars américains et que tout paiement supplémentaire constitue une violation de la loi.
La population de Beni espère désormais que cette enquête mettra fin aux tracasseries et garantira un accès transparent aux services publics.
