À Kolwezi, l’Initiative pour la Bonne Gouvernance et les Droits Humains (IBGDH ASBL) a, dans un communiqué rendu public ce mercredi 28 janvier 2026, dénoncé la mise en place d’un « cadre de concertation entre élus du Lualaba », qu’elle qualifie de partisan et déconnecté des réalités sociales. Pour l’organisation, cette initiative peine à répondre aux besoins fondamentaux des populations et reflète un malaise profond entre gouvernance politique et quotidien des citoyens.

Une province riche, mais fragilisée

Stratégiquement située au cœur de l’économie minière congolaise, le Lualaba concentre pourtant certaines des fragilités sociales les plus préoccupantes du pays notamment routes impraticables, accès limité à l’électricité et à l’eau potable, expulsions forcées dans les zones minières, insécurité urbaine, économie informelle dominante, projets publics inachevés. Le quotidien des habitants contraste fortement avec les discours officiels sur le développement.

Une concertation centrée sur la politique, pas sur les citoyens

Pour l’IBGDH ASBL, le problème ne réside pas dans l’existence de ce cadre de concertation, mais dans son contenu. L’organisation dénonce une dynamique centrée sur le positionnement politique des acteurs plutôt que sur les urgences sociales. Les questions structurantes sur les droits humains, services de base, mobilité rurale, sécurité, transparence dans la gestion publique, sont largement absentes du débat.

Des conséquences tangibles sur le terrain

La province paie le prix de cette déconnexion : populations déplacées sans indemnisation, exploitants artisanaux marginalisés, communautés affectées par les projets miniers, jeunesse sans perspectives économiques, quartiers privés de services essentiels. Ce n’est pas une crise spectaculaire, mais une érosion progressive du contrat social, où la normalisation de l’anormal devient un mode de vie. L’État conserve une présence administrative, mais peine à produire une transformation structurelle durable.

Des revendications claires pour une gouvernance juste

Dans son communiqué, l’IBGDH ASBL formule des exigences précises notamment l’indemnisation juste des victimes d’expropriations la formalisation de l’exploitation minière artisanale, la fin des conflits d’intérêts dans les marchés publics, l’égalité des chances entre entrepreneurs, la réinstallation des populations déplacées, l’électrification de Kasaji et des chefs-lieux territoriaux, la réhabilitation des axes routiers stratégiques, notamment la RN39.

Ces revendications tracent une vision de gouvernance fondée sur justice sociale, transparence, équité économique et responsabilité politique. Une gouvernance qui ne se limite pas à la gestion du pouvoir, mais qui transforme réellement les conditions de vie.

La fracture entre politique et réalité

La question centrale reste simple : à quoi sert la concertation politique si elle n’améliore pas le quotidien des citoyens ? Le développement ne se mesure ni aux réunions, ni aux communiqués, mais à l’accès à l’eau, à l’électricité, aux routes, à l’éducation, à la sécurité et à la dignité humaine.

Dans le Lualaba, la fracture entre gouvernance politique et réalité sociale continue de s’élargir. Tant qu’elle ne sera pas comblée par des politiques publiques concrètes, la concertation restera un rituel institutionnel sans portée, et le développement un discours vide sur le terrain.

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