À Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, la vie quotidienne de centaines de familles est devenue synonyme de pollution, de maladies et d’angoisse. Dans un communiqué rendu public ce mardi 27 janvier 2026, l’Observatoire Africain des Ressources naturelles (AFREWATCH) exprime sa profonde inquiétude face aux atteintes graves aux droits humains causées par les activités minières de l’entreprise Ruashi Mining, dans les quartiers Dilungu et Bel-Air, commune de Dilala, province du Lualaba.

Pour l’organisation de défense des droits humains, la situation n’est plus tenable. Elle dénonce une dégradation alarmante du cadre de vie des communautés locales, résultant d’une exploitation minière menée au mépris des normes environnementales et sanitaires, sous le regard passif, voire complice, des autorités compétentes.
Selon AFREWATCH, les habitants de Dilungu et Bel-Air subissent depuis plusieurs années les conséquences directes de l’implantation de Ruashi Mining à proximité immédiate de leurs habitations : pollution de l’eau, air vicié par des émanations toxiques, sols contaminés, destruction progressive des terres cultivables. Une réalité qui compromet gravement le droit à la santé, le droit à l’alimentation, le droit à l’eau potable et le droit à un environnement sain, pourtant garantis par la Constitution congolaise et les instruments internationaux ratifiés par la RDC.
Dans une correspondance datée du 11 janvier 2026, adressée aux autorités politico-administratives du Lualaba et au ministre national des Mines, les communautés affectées alertent sur les risques sanitaires majeurs auxquels elles sont exposées, notamment les enfants et les personnes vulnérables. À ce jour, aucune réponse concrète n’a été apportée à leurs plaintes.
AFREWATCH rappelle que cette énième dénonciation s’inscrit dans une longue série de violations attribuées à Ruashi Mining. Dans le Haut-Katanga, notamment à Lubumbashi, l’entreprise a déjà été accusée de destructions de champs, d’habitations, d’expulsions forcées et de pollution environnementale, sans qu’aucune sanction exemplaire ne soit prise. Une impunité persistante qui nourrit l’indignation des organisations de défense des droits humains.
Pour l’ONG, cette situation met en lumière la défaillance grave du système public de contrôle environnemental, notamment de l’Agence congolaise de l’environnement et des services chargés de la protection de l’environnement minier. Leur incapacité à prévenir, contrôler ou sanctionner les abus laisse les communautés minières sans protection effective.
Face à cette crise, AFREWATCH appelle les autorités nationales et provinciales à assumer leurs responsabilités. Elle exige des mesures conservatoires immédiates, la mise en place d’une commission d’enquête indépendante aux conclusions rendues publiques, ainsi qu’une prise en charge urgente en eau potable et en soins de santé pour les populations affectées. L’organisation demande également l’ouverture d’une instruction judiciaire afin que les auteurs de ces atteintes répondent de leurs actes et que les victimes obtiennent réparation.
Au-delà du cas Ruashi Mining, AFREWATCH pose une question fondamentale : peut-on encore parler de développement lorsque l’exploitation des ressources naturelles se fait au prix de la dignité et de la vie des communautés locales ? Pour l’organisation, le respect des droits humains ne peut plus rester une variable d’ajustement dans la gouvernance minière en République démocratique du Congo.
