Depuis le soupçon de détournement de deniers publiques dans la province du Kongo-Central par le gouverneur, ministre de la Justice et garde des Sceaux a confirmé avoir instruit l’ouverture d’une procédure judiciaire, tout en rappelant que la présomption d’innocence demeure un principe fondamental garanti à toute personne mise en cause.

Au cœur de cette affaire figure le gouverneur du Kongo Central, Grâce Nkuanga Bilolo, désormais appelé à s’expliquer devant la justice. Le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, a officiellement saisi le président de l’Assemblée provinciale afin d’obtenir l’autorisation de poursuites à l’encontre du chef de l’exécutif provincial.

Cette démarche judiciaire s’appuie sur un réquisitoire fondé notamment sur les conclusions d’une mission d’enquête de l’Inspection générale des finances (IGF), dépêchée dans la province. Les inspecteurs financiers y relèvent de graves anomalies dans la gestion des finances publiques provinciales.

Parmi les faits évoqués, il est question du non-reversement de recettes issues des impôts et taxes d’intérêt commun, évaluées à plus de 24,9 millions de francs congolais. Le rapport mentionne également plusieurs transferts et affectations jugés irréguliers : plus de 137 000 dollars américains auraient été indûment versés à l’Assemblée provinciale, tandis que 440 889 dollars destinés à l’achat de véhicules pour les députés provinciaux n’auraient pas été utilisés conformément à leur objet initial.

S’ajoutent à cela 35 183 dollars qui n’auraient pas servi aux travaux d’intérêt commun, ainsi qu’une somme de 423 720 dollars censée revenir aux entités territoriales décentralisées de Muanda, mais qui ne leur aurait jamais été versée.

Au vu de l’ensemble de ces éléments, le parquet général près la Cour de cassation retient la qualification de détournement des deniers publics, une infraction prévue et réprimée par l’article 145 du Code pénal congolais, livre II. Le gouverneur du Kongo Central est ainsi invité à fournir sa version des faits afin d’éclairer la justice sur les accusations portées contre lui.

Cette affaire relance le débat sur la gestion des finances publiques au niveau provincial et sur le rôle des institutions de contrôle dans la lutte contre la corruption et les malversations en République démocratique du Congo.

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