La question de la sécurité en République démocratique du Congo (RDC), étroitement liée aux relations tendues avec le Rwanda, s’est retrouvée au cœur des débats lors des travaux de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis, tenus le jeudi 22 janvier 2026 à Washington.
L’audience, intitulée « Advancing Peace in DRC and Rwanda through President Trump’s Washington Accords » (« Faire avancer la paix en RDC et au Rwanda à travers les Accords de Washington du président Trump »), visait à évaluer l’état d’avancement des engagements pris par Kinshasa et Kigali dans le cadre des accords de paix signés en décembre 2025 sous médiation américaine.
Washington veut des résultats concrets
En ouvrant la séance, le président de la sous-commission Afrique, le député Chris Smith, a rappelé que la paix dans la région des Grands Lacs demeure une priorité stratégique pour les États-Unis. Il a insisté sur la nécessité de rompre avec les cycles répétés de violence qui frappent l’est de la RDC depuis plusieurs décennies et qui continuent d’alimenter l’instabilité régionale entre la RDC et le Rwanda.
Les parlementaires américains ont notamment exprimé leur préoccupation face à la lenteur de la mise en œuvre des accords, alors que les populations civiles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continuent de subir les effets des affrontements armés.
La persistance des violences à l’Est de la RDC
Malgré les engagements diplomatiques, la réalité sur le terrain reste préoccupante. Les groupes armés, dont l’AFC/M23, demeurent actifs dans plusieurs zones stratégiques de l’est congolais. Kinshasa continue d’accuser Kigali de soutenir ces groupes, tandis que le Rwanda rejette ces allégations, illustrant la profondeur de la crise de confiance entre les deux pays.
Cette situation fragilise les mécanismes de cessez-le-feu et remet en question la capacité des accords de Washington à produire, à court terme, une paix durable.
Les États-Unis entre diplomatie et pression politique
Au cours de l’audience, Sarah Troutman, secrétaire adjointe pour l’Afrique centrale au Département d’État américain, a réaffirmé la volonté des États-Unis de jouer un rôle actif dans le suivi du processus de paix. Elle a souligné que Washington veillera à ce que les promesses faites par la RDC et le Rwanda ne restent pas de simples déclarations politiques, mais se traduisent par des actes concrets sur le terrain.
Les États-Unis considèrent que la stabilité sécuritaire est un préalable indispensable au développement économique de la RDC et à l’attractivité de toute la région des Grands Lacs pour les investisseurs internationaux.
Une paix encore fragile, mais sous surveillance internationale
En parallèle des efforts américains, d’autres initiatives diplomatiques se poursuivent en Afrique, notamment sous l’impulsion de pays médiateurs comme l’Angola ou à travers des cadres régionaux. Toutefois, les discussions à Washington montrent que la communauté internationale suit de près l’évolution du dossier sécuritaire RDC-Rwanda.
Si les accords de Washington constituent une avancée diplomatique majeure, les travaux de la Commission des affaires étrangères américaine rappellent une réalité incontournable : sans amélioration tangible de la sécurité en RDC et sans désescalade réelle avec le Rwanda, la paix restera fragile et incertaine.
