L’arrestation d’Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale et vice-président du PPRD, continue de susciter une vive controverse sur la scène politique congolaise. Pour l’opposant Martin Fayulu, il ne s’agit pas d’un simple fait divers judiciaire, mais d’un signal alarmant de plus dans une longue série d’atteintes aux droits humains et aux libertés fondamentales en République démocratique du Congo.
Dans une réaction sans détour via son compte X, Martin Fayulu s’indigne de ce qu’il qualifie d’« enlèvement » et interpelle directement les autorités sur le respect de la Constitution. Selon lui, la loi fondamentale est pourtant sans ambiguïté. L’article 17, en ses alinéas 1 et 2, consacre la liberté individuelle comme un principe intangible : elle est la règle, la détention l’exception. Nul ne peut être poursuivi, arrêté, détenu ou condamné qu’en vertu de la loi et dans les formes strictes qu’elle prescrit. Toute action en dehors de ce cadre constitue, de fait, une violation caractérisée de l’État de droit.
L’article 18 de la Constitution renforce davantage ces garanties. Il impose que toute personne arrêtée soit immédiatement informée des motifs de son arrestation et de toute accusation portée contre elle, dans une langue qu’elle comprend. La même disposition exige que la personne interpellée soit aussitôt informée de ses droits, qu’elle puisse entrer sans délai en contact avec sa famille ou son conseil, et que la garde à vue ne dépasse pas quarante-huit heures. À l’expiration de ce délai, la personne doit être soit relâchée, soit mise à la disposition de l’autorité judiciaire compétente. Enfin, la Constitution rappelle que tout détenu a droit à un traitement respectueux de sa vie, de sa santé physique et mentale, ainsi que de sa dignité.
Pour Martin Fayulu, ces dispositions constitutionnelles ne peuvent rester de simples proclamations théoriques. Leur violation répétée fragilise la crédibilité des institutions et alimente un climat de peur et d’arbitraire. « Jusqu’à quand piétinera-t-on les droits humains et les libertés fondamentales ? », s’interroge l’opposant, appelant les Congolais à relire la Constitution et à exiger son application stricte, sans discrimination ni calcul politique.
Au-delà du cas Aubin Minaku, cette affaire relance le débat sur la nécessité d’un véritable respect de l’État de droit en RDC. Pour l’opposition, seule une justice indépendante, agissant dans le strict respect des garanties constitutionnelles, peut restaurer la confiance des citoyens et préserver la paix sociale.
