La détention de Didier Nangaa ILAANI, frère de l’ancien président de la CENI Corneille Nangaa, suscite plusieurs interrogations au sein de l’opinion publique congolaise. Selon plusieurs sources concordantes, l’homme serait privé de liberté depuis une dizaine de jours dans les installations de l’Agence nationale de renseignements (ANR) à Isiro, dans la province du Haut-Uele.
Toujours selon ces mêmes sources, cette arrestation aurait été opérée sur instruction du gouverneur Bakomito, avec l’implication du REDOC Kasongo, présenté comme un proche du pouvoir central. Aucune communication officielle n’a, à ce stade été faite pour préciser les charges retenues contre lui, ni pour justifier légalement sa détention prolongée dans les installations de l’ANR.
Un nouvel élément est venu renforcer l’inquiétude de la famille et de certains observateurs selon lequel, un avion spécial est affrété ce dimanche en vue du transfert de Didier Nangaa ILAANI vers Kinshasa. Les raisons exactes de ce sont jusqu’ici élucidées.
Dans l’entourage de la famille Nangaa, on dénonce ce qui est perçu comme une série de persécutions ciblant les proches de Corneille Nangaa, dans un contexte politique et sécuritaire déjà tendu. Pour ces proches, le seul tort de Didier Nangaa serait son lien familial, une situation jugée contraire aux principes fondamentaux du droit.
« Être membre de la famille Nangaa ne signifie pas être associé à l’AFC/M23 », insiste une source familiale, rappelant que la responsabilité pénale est strictement individuelle, conformément à la Constitution congolaise et aux standards internationaux en matière de droits de l’homme.
Cette affaire remet au centre du débat la question du respect de l’État de droit en République démocratique du Congo, notamment en période de crise sécuritaire. Si la lutte contre les groupes armés et les menaces à la stabilité nationale demeure une priorité, de nombreux acteurs estiment qu’elle ne saurait justifier des arrestations perçues comme arbitraires ou fondées sur des liens de parenté.
En l’absence d’une communication claire des autorités judiciaires et sécuritaires, les appels à la transparence et au respect des procédures légales se multiplient, afin que toute personne mise en cause puisse bénéficier de ses droits, dont celui d’être informée des charges retenues contre elle et de se défendre devant un juge compétent.
