Aubin Minaku Ndjalandjoko, vice-président du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) et ancien président de l’Assemblée nationale, a été arrêté dans la nuit de samedi à dimanche à son domicile de Kinshasa. Selon plusieurs sources, des éléments des forces de sécurité ont bouclé sa résidence avant de le transférer vers un lieu tenu secret. Les autorités n’ont jusqu’ici fourni aucune explication officielle sur les motifs de cette opération.
L’enlèvement intervient dans un contexte politique déjà tendu, marqué par des poursuites ciblant des figures de l’opposition et des cadres de l’ancien régime. Récemment, Emmanuel Ramazani Shadary, secrétaire permanent du PPRD et ancien candidat à la présidentielle, avait également été arrêté et demeure détenu dans un lieu non divulgué. Cette séquence s’inscrit dans une période de polarisation politique accentuée par la condamnation par contumace de l’ancien président Joseph Kabila par la justice militaire, décision vivement critiquée par ses partisans comme politiquement motivée.
Les réactions ne se sont pas fait attendre.
Le président du Front pour la Démocratie et la République (FDA), Albert Mukulubundu, a appelé à une mobilisation des forces vives de la nation. Il exhorte la société civile, les organisations politiques et les acteurs sociaux à se concerter pour définir des actions communes de terrain afin de contrer ce qu’il qualifie de dérives dictatoriales du régime Tshisekedi. Dans le même esprit, l’activiste Jean-Claude Katende a dénoncé une démarche antidémocratique visant à affaiblir l’opposition politique et a exigé la libération immédiate d’Aubin Minaku.
Alors que le pays attend une communication officielle des autorités, cet enlèvement relance le débat sur l’équilibre entre justice et politique en République démocratique du Congo, et met en lumière la fragilité des institutions dans un climat politique fortement polarisé.
