L’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23) a annoncé, ce samedi, le retrait total de ce qu’elle qualifie de son unité d’observation et de monitoring de la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Selon le mouvement, cette unité s’était donné pour mission d’assurer la sécurisation de la ville et de sa population. Ce retrait intervient, d’après l’AFC/M23, dans l’attente de la remise et reprise de la ville avec la communauté internationale, à laquelle il affirme désormais confier la responsabilité sécuritaire.

Dans un communiqué rendu public le jeudi 15 janvier et adressé au Secrétaire général des Nations unies, l’AFC/M23 indique avoir officiellement placé la ville d’Uvira sous la responsabilité de la communauté internationale. Le mouvement explique agir dans un souci de clarté, de respect du cessez-le-feu en vigueur et de son engagement en faveur d’une solution pacifique et politique à la crise sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Selon le communiqué, cette décision fait suite au retrait de ses éléments de la ville ainsi qu’à une correspondance officielle adressée à la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO). L’AFC/M23 affirme avoir demandé à la mission onusienne d’assurer la protection des populations civiles conformément à son mandat.

« Nous avons formellement invité la MONUSCO à assurer la protection des populations civiles de ladite ville, conformément à son mandat », peut-on lire dans le document.

Le mouvement précise par ailleurs qu’il se désengage de toute responsabilité liée à la sécurisation d’Uvira durant cette phase de transition. « Notre Organisation décline toute responsabilité quant à la sécurisation de cette importante agglomération de la province du Sud-Kivu », indique le communiqué, estimant que cette mission incombe désormais exclusivement à la communauté internationale, dans l’attente de la remise et reprise effective de la ville.

Toutefois, l’AFC/M23 alerte sur la persistance de risques sécuritaires dans la région. Il met en cause plusieurs acteurs armés qu’il considère comme une menace directe, citant notamment « l’armée burundaise, les FDLR, les groupes armés dits Wazalendo ainsi que les mercenaires soutenant les FARDC ». Selon le mouvement, la présence et les activités de ces forces pourraient compromettre la paix et la sécurité, tant à Uvira que dans l’ensemble de la région.

Face à cette situation, l’AFC/M23 appelle à un déploiement rapide d’une force qu’il qualifie de « véritablement neutre », estimant que cette mesure est indispensable pour éviter un retour au chaos. Le mouvement affirme que « leur présence et leurs activités représentent une menace directe et immédiate non seulement pour les populations civiles, mais également pour le processus de paix en cours ».

Cette annonce intervient dans un contexte sécuritaire toujours marqué par de fortes tensions dans l’Est de la RDC, où les initiatives diplomatiques et internationales peinent encore à instaurer une stabilité durable.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *