Chaque 16 janvier, la République démocratique du Congo commémore la mort de Mzee Laurent-Désiré Kabila, ancien président de la République. Bien plus qu’un simple souvenir, cette date reste, pour de nombreux Congolais de l’Est du pays, une véritable célébration de la mémoire d’un homme dont l’héritage continue de marquer les esprits.
Si certains le considèrent encore comme un traître, estimant qu’il aurait renié ses idéaux après l’AFDL dans sa quête du pouvoir, une large partie de la population retient surtout de lui une leçon majeure : celle de la libération et du patriotisme.
À Beni, Roger Kivambi, analyste politique et ancien membre de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), se souvient avec émotion de la célèbre interpellation de son ancien chef, qu’il considère comme un message intemporel adressé à tous les Congolais.
« Il disait toujours : ne trahissez jamais le Congo. Ne trahissez jamais votre pays. La trahison est une souffrance qui se transmet de génération en génération », a-t-il rappelé.
Pour cet analyste politique, l’histoire de Mzee Laurent-Désiré Kabila devrait servir de référence aux nouvelles générations de dirigeants. Évoquant la corruption qui gangrène aujourd’hui la classe politique congolaise, Roger Kivambi appelle les responsables actuels à s’inspirer de l’exemple de l’ancien président.
« Les politiciens ne doivent pas être facilement soudoyés. Aujourd’hui, on assiste à une véritable horde de corrompus », a-t-il déploré.
De son côté, Héritier Ndunda, jeune Congolais de Kasindi, voit dans l’esprit patriotique de Mzee Kabila un véritable modèle pour la construction de la paix à l’Est du pays. Pour lui, la célèbre phrase « Ne jamais trahir le Congo » dépasse le cadre d’un simple slogan.
« Ce n’est pas seulement un slogan, mais un appel moral, civique et patriotique pour une paix définitive à l’Est de la RDC », a-t-il souligné.
Insistant sur la responsabilité de la jeunesse, Héritier Ndunda appelle les jeunes Congolais à renforcer leur engagement en faveur de la paix et du développement local. Selon lui, c’est là la meilleure manière de rendre hommage à Mzee Laurent-Désiré Kabila, plutôt que de se limiter à des discours qu’il qualifie de « creux ».
