La situation humanitaire dans le Nord-Kivu reste alarmante, particulièrement pour les milliers de déplacés de guerre à Lubero et à Butembo, confrontés à l’insécurité et au manque de soutien. Le rapport annuel 2025 des associations locales CAAH et ISPRON met en lumière l’ampleur de cette tragédie silencieuse.
Selon l’ASBL CAAH, 84 791 personnes ont été contraintes de fuir le nord du territoire de Lubero en 2025, en raison des violences attribuées au M23 et aux groupes ADF-MTM, notamment dans la zone de Mangurejipa. Parmi ces déplacés, de nombreux figurent les enfants qui vivent aujourd’hui dispersés de leurs familles et vivent avec les familles d’accueil à Kyambogho et Musimba, souvent dans des conditions précaires.
Dans la ville de Butembo, l’ASBL ISPRON a enregistré 13 301 ménages, soit 66 505 personnes, toutes hébergées au sein de familles d’accueil dans les communes de Mususa, Bulamba, Bulengera et Kimemi. Une nouvelle vague de 40 000 déplacés est arrivée en novembre 2025, fuyant les violences sur l’axe Mangurejipa. Ces populations proviennent de dizaines de localités touchées par le conflit, exposant hommes, femmes et enfants à des conditions de vie extrêmement vulnérables.
Face à cette détresse, certaines initiatives locales comme l’ASBL VHAD à Beni se mobilisent pour accompagner les déplacés en situation de handicap. Toutefois, les besoins dépassent largement les capacités de ces organisations. Les associations appellent le gouvernement, les ONG et la communauté internationale à intervenir urgemment pour fournir assistance, protection et soutien aux familles déplacées, afin d’éviter que cette crise humanitaire ne s’aggrave davantage.
