Une opération militaire censée sécuriser le Haut-Lomami a tourné au drame.
JUSTICIA Asbl, organisation congolaise de défense des droits humains, dénonce un recours disproportionné à la force par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à Bukama, dans le sud-est du pays, le 11 janvier 2025.

Une intervention qui dégénère

Selon l’ONG, des soldats déployés depuis la base de Kamina auraient ouvert le feu, y compris à l’arme lourde, sur des civils non armés. Le contingent était venu renforcer la présence militaire dans la province, dans un contexte de dégradation de la sécurité à l’échelle nationale, particulièrement dans l’Est du pays.

Le porte-parole de l’armée affirme que les troupes ont été prises pour cible par des miliciens se réclamant de la mouvance Bakata Katanga, groupe actif par intermittence depuis plus d’une décennie. Une version que conteste vivement JUSTICIA Asbl, assurant qu’aucune arme n’a été retrouvée sur les personnes visées.

Un bilan humain lourd

Les premières informations recueillies sur place par l’organisation font état d’au moins 10 morts et 10 blessés dans un état critique, parmi lesquels une fillette de 12 ans, hospitalisée à Bukama.

Pour l’ONG, ces pertes civiles mettent en lumière une violation grave du droit humanitaire, rappelant que la RDC est signataire de plusieurs conventions internationales protégeant les populations en temps de conflit.

Recommandations et demandes de justice

JUSTICIA Asbl appelle à des mesures immédiates :
• la mise en place d’une enquête indépendante, menée par la justice militaire,
• le transfert des blessés vers des centres de santé capables d’assurer des soins adéquats,
• et des obsèques dignes pour les victimes.

L’organisation exhorte également l’Auditeur supérieur près la Cour militaire du Katanga à ouvrir un dossier judiciaire et à poursuivre les militaires impliqués.

Aux familles touchées, JUSTICIA demande de coopérer avec la justice afin que réparations et responsabilités puissent être établies.

Un incident qui interroge

Alors que Kinshasa multiplie les opérations de sécurisation, notamment face aux groupes armés de l’Est, l’affaire de Bukama soulève une nouvelle question, savoir comment concilier renforcement militaire et respect absolu des droits humains ?
Une enquête indépendante pourrait lever une partie du voile, mais le choc provoqué localement risque, lui, de durer.

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