Dans une correspondance rendue publique le 9 janvier et adressée au président angolais João Lourenço, l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23) a exprimé ses préoccupations quant à l’architecture actuelle des initiatives diplomatiques visant à résoudre la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le mouvement y sollicite des éclaircissements précis sur le rôle que pourrait jouer la médiation qatarie dans l’hypothèse d’une rencontre entre les parties à Luanda. L’AFC/M23 souligne l’importance de cette médiation, qu’elle considère comme un acteur central du processus en cours, et souhaite savoir si Doha serait associée à cette éventuelle rencontre, et sous quelle forme institutionnelle.
Dans le même esprit, la coalition rebelle insiste sur la nécessité de préserver les avancées déjà enregistrées dans le cadre du dialogue engagé au Qatar. Elle s’interroge notamment sur le devenir du processus de Doha si de nouvelles discussions devaient s’ouvrir en Angola, mettant en garde contre toute initiative susceptible de fragiliser ou d’invalider les acquis obtenus jusque-là.
Sur un plan plus global, l’AFC/M23 dresse un constat critique de la conduite des négociations depuis leur lancement. Le mouvement évoque une succession de changements de cadres et de médiateurs, jugée peu favorable à la construction d’une paix durable. Les discussions, amorcées à Nairobi, auraient été déplacées vers Luanda sans concertation formelle avec les autorités kényanes, avant qu’un nouveau transfert vers Doha ne soit opéré, cette fois sans coordination préalable avec la partie angolaise.
À cette instabilité s’ajoute, selon la lettre, l’introduction d’un canal diplomatique supplémentaire à travers une sollicitation de médiation américaine formulée par le président Félix Tshisekedi, un mécanisme qui, d’après l’AFC/M23, n’aurait pas été clairement intégré aux dispositifs déjà existants.
Face à cette accumulation d’initiatives parallèles, le mouvement met en garde contre les risques de confusion et de contradictions. Il estime qu’une prolifération non coordonnée des efforts de paix peut nuire à la lisibilité, à la cohérence et à l’efficacité globale du processus, au détriment d’une solution politique crédible et durable à la crise congolaise.
En filigrane, l’AFC/M23 appelle ainsi à une meilleure harmonisation des médiations en cours, plaidant pour une approche structurée et concertée, seule capable, selon lui, de restaurer la confiance et de favoriser une trajectoire de paix stable dans la région.
